Après avoir manifesté, fin septembre, contre le manque de reconnaissance, plusieurs associations de sourds ont décidé de former un collectif. Problème numéro 1 : le manque d'interprètes.
Plus que toute autre communauté, ils sont invisibles, handicapés par une surdité qui passe inaperçue. En septembre, lors de la Journée mondiale des sourds, une vingtaine d'entre eux, membres d'associations du Loiret, ont choisi de sortir de l'ombre. Vêtus de blanc, ils ont manifesté leur mal-être rue de la République, à Orléans.
Manque de reconnaissance, crainte de voir disparaître leur identité, les sourds ont voulu faire prendre conscience de cette « barrière » qui les sépare du « monde des entendants ». Une barrière qui tient surtout au manque d'interprètes. Le Loiret ne compte qu'une seule professionnelle diplômée pour plusieurs centaines de sourds. Pour peser davantage, les associations viennent de créer un collectif. Il se penchera notamment sur la question de l'accueil des sourds à l'hôpital. « On a besoin d'interprètes pour aller chez le médecin, pour les démarches administratives, pour suivre des formations », plaide Marie-France Percevault, présidente de la Maison des sourds du Loiret.
Un manque de ressources
Celle qui a grandi dans une famille de sourds, et qui l'est devenue à l'âge de 1 an, à la suite d'une otite, exprime sa colère par la voix d'une autre, venue d'un centre-relais à Paris. « Quand j'ai besoin de téléphoner, je les appelle et par visioconférence, une interprète traduit les signes à mon interlocuteur. » Le système est financé par son employeur, une caisse de retraite basée à Saran. Marie-France Percevault le sait, elle a de la « chance ». De la chance d'avoir un travail dans un monde de l'entreprise souvent réticent à employer des déficients auditifs. De la chance, aussi, de pouvoir disposer des ressources nécessaires pour communiquer et ne pas être cantonnée à de l'archivage. « Si on a les moyens, on peut tout faire », insiste-t-elle.
« Débrouille »
Dans les entreprises comme les collectivités, l'application de la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des chances, qui réaffirme le principe d'accessibilité des personnes handicapées, laisse encore à désirer. « Il y a eu une légère amélioration », concède Marie-France Percevault. En témoignent les efforts faits par la mairie d'Orléans ou par l'entreprise Leroy-Merlin à Ingré, qui ont payé des formations en langue des signes aux salariés volontaires. « Certains sourds hésitaient à venir faire leurs démarches », explique Monique, 50 ans, hôtesse d'accueil à la mairie d'Orléans, qui a suivi une initiation à la langue des signes payée par la collectivité.
« Ceux qui savent qu'on signe un peu nous réclament, remarque sa collègue, Anne, 45 ans. On ne peut pas traduire mais on se débrouille. » La débrouille trouve ses limites lors d'un entretien d'embauche ou d'une plainte au commissariat. Des situations où le recours à un professionnel devient nécessaire, voire s'impose pour l'examen du permis de conduire. Anne Dubois, 49 ans, en a fait son métier. « Diplômé, on s'engage à respecter une déontologie : tout traduire, rester neutre et garder le secret professionnel. »
On imagine la seule diplômée du Loiret débordée. Au contraire, « je ne pourrais pas en vivre », dément-elle. En cause, des frais trop peu souvent pris en charge par les collectivités, alors que la loi l'impose en matière de besoins publics. Et peut-être, aussi, une certaine réticence des sourds à faire appel à une entendante. Anne Dubois ne s'en formalise pas. « Pour certains sourds, ce sont les entendants qui sont handicapés. »
« Pour certains, je ne suis pas vraiment sourde »
Sourde depuis l'âge de 3 ans, Fanny Treffoux a créé une société de formation à la langue des signes. Ses positions ne font pas l'unanimité.
« Pas un mot », intime le professeur, l'index contre ses lèvres. Dans ce cours de langue des signes, le silence s'impose. Ce mardi soir, Fanny Treffoux, 38 ans, a choisi d'aborder le vocabulaire de l'apparence à travers le jeu de société « Qui est-ce ? ». Face à elle, se tiennent une dizaine de femmes, qui suivent ses cours en dilettante ou dans le cadre d'une formation professionnelle.
Mariée et mère d'un petit garçon de 6 ans, Fanny Treffoux est devenue sourde à l'âge de 3 ans. « C'était juste avant l'acquisition de la parole. Le fait de ne plus entendre m'a rendue muette pendant un temps », raconte celle qui est aujourd'hui « trilingue » : elle signe, lit sur les lèvres et parle. Le fruit d'un travail acharné pour « perfectionner » son langage et s‘ouvrir au monde professionnel.
« S'adapter »
Détentrice d'un BTS assistante de gestion, l'Orléanaise s'est finalement tournée vers la formation il y a quinze ans pour « s'occuper ». « J'ai beaucoup travaillé dans le milieu associatif et j'ai été médiatrice auprès d'administrations. » Il y a trois ans, elle et son mari, constatant « un manque », décident de créer une entreprise orientée vers un public de professionnels, administrations ou sociétés qui veulent améliorer l'accueil des malentendants, qu'ils soient clients, usagers ou employés.
« On a créé des formations spécialisées. Un médecin saura répondre à son patient sur les questions de santé, par exemple. Ça marche très bien. » La formatrice s'est également lancée dans des cours destinés aux sourds eux-mêmes. « Les former dans leur langue leur permet de mieux comprendre, pour qu'ils puissent s'adapter, insiste-t-elle. On ne vit pas dans un monde de sourds. On ne peut pas demander à tout le monde d'apprendre la langue des signes. » Une position qui vaut à Fanny Treffoux quelques inimitiés dans la communauté sourde. « Parce que je suis mariée à un entendant, que j'ai un travail, un enfant et que je parle, pour certains, je ne suis pas vraiment une sourde », s'indigne-t-elle. Entre deux mondes, Fanny Treffoux fait face à une double dose de préjugés.
Contact : FT Formation (tél. 02.18.88.66.88).
Des « Cafés signes » à Orléans
Depuis deux ans, l'association orléanaise « Fais-nous signes » propose aux sourds et aux entendants de se rencontrer autour d'un café. Ces « Cafés signes » ont lieu une fois par mois, toujours dans un lieu public. « L'important, c'est que les gens, qu'ils soient curieux ou indifférents, voient les signes », explique la trésorière de l'association, connue dans la communauté sourde sous le nom de « Casquette ». Ces rencontres, nées d'une volonté de « casser l'isolement des personnes sourdes », permettent aux entendants de découvrir une culture très riche et de s'initier, ou de se perfectionner, à la langue des signes.
Contact : 02.38.54.28.33 ou accueil.visuel.lsf45 @orange.fr.
Aveline Marques
http://www.larep.com/
Publié le 01 février 2011
Muret. Communiquer par gestes avec son bébé
éducation
Le bout des doigts touche la paume de la main opposée : bébé fait passer le message « encore ».
Comment est-il possible de comprendre un si jeune enfant avant l'âge de la parole ? Nathalie Vigneau explique : « Le principe est d'utiliser des signes pour appuyer certains mots simples du quotidien de l'enfant comme « manger » « doudou », « chaud », « gâteau », en plus de la parole de l'adulte. À partir de 7 mois jusqu'à 18-20 mois, le bébé pourra ainsi s'exprimer et se faire comprendre avec les mains. Dans sa phase imitation, il le pratique déjà : il sait dire au revoir, pointer du doigt ou jouer les marionnettes. Il suffit d'introduire d'autres signes. En mettant en regard le mot prononcé, le signe correspondant à ce mot et l'action ou l'objet qui y fait référence, l'enfant s'approprie peu à peu cet outil de communication et peut ainsi faire comprendre ses besoins, envies et émotions ».
Langue des signes
Nathalie Vigneau, infirmière de profession s'est formée à la langue des signes. Elle a étudié les travaux américains de Baby Signs développés depuis 1985 qui ont mis au point un ensemble de signes pour bébés. « Depuis 25 ans, la majorité des crèches des États-Unis et du Canada l'utilisent. En France, la méthode se fait connaître peu à peu. Ce retard est en lien direct avec notre histoire qui a longtemps interdit la langue des signes, reconnue seulement depuis 2002 et acceptée par l'Éducation nationale depuis 2005 ».
Cela réduit la frustration de l'enfant à vouloir exprimer des choses et ne pas être compris, d'où moins de colères et de pleurs, et même de morsures pour exprimer ses besoins. « Comme le quatre pattes l'est à la marche, la communication gestuelle est un support à l'acquisition du langage ». Cette action montre aux autres que bébé comprend ce qui se passe même s'il ne vocalise pas, qu'il peut interagir avec son environnement, et qu'il est à considérer comme une personne à part entière avec des désirs et des émotions.
Ateliers pour apprendre
Pour une application du système, l'adulte doit bien sûr apprendre les signes. Nathalie Vigneau a fondé Kestumdis (Tél. 0 534 512 897) et organise à Muret des ateliers en groupe de 4 ou 5 familles. On y étudie 35 signes du quotidien. Ce contact permet aussi des échanges entre parents et souligne l'importance des comptines et petits jeux. Bébé ne restituera peut-être pas tout de suite les signes, mais ça viendra. L'atelier d'initiation de 90 min coûte 20 euros : après une présentation de l'outil, son origine et son principe, c'est l'apprentissage du vocabulaire de base centré sur les besoins de l'enfant. Des ateliers d'approfondissements peuvent suivre par thèmes (émotions, environnement, activités, animaux). Parents, grands-parents et nounous peuvent participer et Nathalie Vigneau espère que les assistantes maternelles des crèches s'y intéresseront aussi.
Publié le 01/02/2011 09:29 | Robert Castéra
http://www.ladepeche.fr/
TOURNES / Ils proposent jeux, sorties, visites guidées... Les Sourds ardennais veulent se faire connaître
L'Asa (Association des sourds ardennais) a tenu son assemblée dernièrement à la salle des associations rue de la Tourette.
Les membres présents ont procédé au renouvellement du bureau : Marc-François Lairet est réélu au poste de président ; Cécile Rossit remplace Yvonne Gustin au poste de vice-présidente ; François et Jeannine Fleurentin conservent leurs postes respectifs de trésorier et de vice-trésorière ; Martine Lairet est réélue au poste de secrétaire. Enfin, Dominique Quaegebeur remplace Cécile Rossit au poste de secrétaire adjoint.
Le local ouvert un samedi par mois
Les bilans moral et financier ont été présentés à l'ensemble de l'assemblée et approuvés. Marc-François Lairet s'est félicité du parrainage des « premières années » élèves infirmières de l'IFTS de Charleville-Mézières qui permettra aux membres de l'association de concrétiser leur projet de visites guidées en LSF des monuments parisiens.
Les membres de l'association ont tenu à rappeler que les portes de la salle rue de la Tourette sont ouvertes un samedi par mois à toutes les personnes sourdes ou malentendantes qui souhaitent s'intégrer au groupe. Des jeux de société, des sorties diverses, des visites sont proposées. Sur simple demande, un programme des manifestations peut être envoyé. Il suffit de contacter l'association à l'adresse e-mail suivante : a.s.a.08@hotmail.fr.
En conclusion de cette réunion, le président a déclaré : « L'As entame sa troisième année et espère vivement que de nouveaux membres viendront grossir l'effectif actuel. Trop peu de personnes sourdes ou malentendantes nous connaissent. Il est important que les Ardennais parlent de nous et fassent savoir que nous existons. »
Publié le dimanche 30 janvier 2011
http://www.lunion.presse.fr/
ASSOCIATION. Des jeunes de l'école de commerce de Rouen agissent pour aider au recrutement des handicapés.
Arthur Bru propose aux autres associations du handicap de faire
Depuis 2009, une association de la Rouen Business School s'est ouverte à l'insertion professionnelle des handicapés : Handi'Namic. Une quinzaine de jeunes se sont concentrés sur les moyens de se familiariser au handicap afin de réduire l'appréhension aussi bien chez les valides que chez les non valides.
Plusieurs actions régulières sont mises en place : les membres de l'association organisent des déjeuners dans le noir, des cours de langue des signes, des initiations au braille et diverses autres activités de mise en situation. Mais Handi'Namic essaye surtout de résoudre les problèmes d'insertion en entreprise. « Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce sont les sociétés qui ont du mal à recruter des professionnels handicapés. Notre rôle est donc d'organiser des parrainages essentiellement entre collégiens et lycéens pour pousser les plus jeunes à continuer leurs études », indique Arthur Bru, président de l'association.
Un budget indispensable
Différemment des autres associations de la Rouen Business School, Handi'Namic s'ouvre au-delà de l'école. Les personnes venant de l'extérieur ne peuvent pas y adhérer mais peuvent participer aux événements. « Nous ne voulons pas fermer nos portes aux individus qui se sentent concernés par la cause. Il nous faut avoir du poids pour présenter notre projet à l'école et le faire évoluer grâce à leurs indemnisations », explique l'étudiant. L'association tente également de trouver des partenaires extérieurs qui les épauleraient durant leur développement. « Nous n'avons pas besoin de gros budgets car nous arrivons à nous autofinancer lors des repas et des cocktails mais faire venir des intervenants et fournir des équipements a un certain coût. De plus, nous souhaiterions lancer un site internet pour répertorier toutes les associations rouennaises s'adressant aux handicapés », ajoute Arthur Bru.
Le prochain événement de l'association se déroulera du lundi 11 au vendredi 15 avril, avec le programme HandiManagement, pour une semaine de sensibilisation aux divers handicaps.
Association Handi'Namic, à retrouver
sur Facebook. Contact au 06.18.13.46.68.
Publié le lundi 31 janvier 2011
http://www.paris-normandie.fr
Saint-Jude, c'est aussi un centre de formation continue
LE VISAGE DE L'ACTUALITÉSERGE CUVELIER |
Saint-Jude, c'est une école primaire, un collège et un lycée. Mais c'est aussi, depuis 2006, un centre de formation continue. Nous avons rencontré Serge Cuvelier, le responsable de ce centre, et lui avons posé plusieurs questions sur la nature des formations qu'on peut y suivre.
Comment est venue l'idée de créer un centre de formation à Saint-Jude ?
5« Après avoir exercé des responsabilités dans plusieurs sociétés, j'ai repris les études à Sup de Co Lille puis, en 2003, je suis devenu formateur. Quelque temps après, Michel Andrieu, alors directeur de Saint-Jude, a fait appel à moi pour devenir prof de commerce. Et j'ai découvert qu'il avait la même idée que moi, celle de créer un centre de formation. Alors, en octobre 2006, on s'est lancés. » tQuelles formations proposez-vous ?
5« Au départ, on avait la licence professionnelle "marketing, manager opérationnel", mise en place avec la Faculté libre des sciences économiques et de gestion de Lille et l'ULCO de Dunkerque (Université du littoral Côte d'Opale). Puis, en février 2007, est arrivée la première session de formation à la langue des signes. À ces deux formations, que nous proposons toujours, sont venues s'ajouter d'autres formations très diverses en bureautique, développement de soi ou encore langues étrangères. » t Toutes ces formations débouchent sur des diplômes ?
5« Les trois formations diplômantes sont nos trois licences professionnelles "marketing manager opérationnel", "marketing international" et "logistique et transport". Les autres ne débouchent pas sur un diplôme. » tQuelles sont ces autres formations ?
5« Il y a, d'abord, la LSF (langue des signes française) qui a beaucoup de succès depuis la première session, en 2007. L'an denier, 75 personnes ont suivi cette formation ; et il y a cinq modules, depuis le niveau d'initiation jusqu'au niveau plus élevé. Les gens viennent pour des raisons diverses : par curiosité, parce qu'il y a une personne malentendante dans leur entourage ou bien pour ajouter une corde à leur arc. Il y a aussi de très nombreuses formations données dans le domaine du développement personnel, comme "prendre la parole en public", "gestion du stress", "morphopsychologie", qui s'adressent par exemple aux entreprises ou aux services publics et à leurs salariés. Nous avons aussi des formations plus spécifiques, dispensées par un ancien professeur de Saint-Jude, Christian Defebvre, devenu formateur, comme "sagesse et religions du monde", "croyances en Flandres" ou encore "évolution de la pensée chrétienne en Occident". Autre domaine dans lequel nous sommes présents : les langues étrangères, la bureautique et l'informatique. Nous venons d'ailleurs d'obtenir notre agrément pour le PCIE (Passeport de compétences informatique européen), qui permet à un salarié de faire valider ses compétences en matière informatique. » tCes formations sont payantes. Comment les finance-t-on ?
5« Ces formations sont payées soit par les employeurs, soit par les bénéficiaires. Ceux-ci peuvent trouver des financements dans le cadre du DIF (droit individuel à la formation) ou encore par des aides diverses, soit, pour les étudiants en licence pro, par des bourses d'études. » •
La prochaine formation à la LSF commencera le 8 mars.
Une nouvelle formation va être mise en place, pendant les « petites vacances scolaires » : des cours de vacances pour consolider les connaissances ou pour une remise à niveau des élèves passant un diplôme en juin (troisièmes, premières ou terminales).
Éducation de l'enfant sourd: une nouvelle méthode audio-verbale
La thérapie auditive verbale (AVT), hostile à toute aide visuelle dans la communication avec l'enfant sourd, ne fera sans doute pas consensus.
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L'AVT ou "Auditory-Verbal Therapy" gagne la France sous le nom de "langue écoutée parlée". En rupture totale avec les approches éducatives permettant à l'enfant sourd d'utiliser la voie visuelle dans sa communication, elle exprime clairement le désir d'annulation de la surdité et est présentée comme la prolongation naturelle de l'implant cochléaire.
Place de l’AVT sur l’échiquier de la surdité
Les modèles éducatifs pour les enfants sourds se distribuent actuellement entre deux pôles opposés:
* le bilinguisme LSF (langue des signes française) et langue française écrite qui définit la personne sourde comme différente et non parlante; la LSF est alors conçue comme langue naturelle d’échange et d’appropriation des savoirs;
* le choix unique de la langue parlée, puis écrite qui définit la personne sourde comme aussi ressemblante que possible à une personne entendante, via l’utilisation d’aides techniques performantes (appareillages ou implants cochléaires); la stimulation auditive est de mise en complément d’un possible besoin de lecture labiale.
Des conceptions intermédiaires, reconnaissent la spécificité de la surdité avec le souci d’un meilleur confort de vie des sourds au sein de la société.
* un bilinguisme LSF et langue parlée;
* et/ou l’accès à une langue parlée totalement accessible via la "Langue parlée complétée" (LPC), qui prend en compte les possibilités auditives et le besoin d’aide visuelle complémentaire autorisant une lecture labiale optimale.
La méthode "Auditory-Verbal Therapy" est une approche éducative exclusivement audio-verbale. Elle exclut donc toute utilisation du canal visuel dans la réception de la langue parlée.
Ses origines
L'AVT serait née dans les années 1940, mise au point par Dick Tracy. Selon d'autres sources, elle fut inventée par W. Estabrooks au Canada dans les années 1980, puis développée par la AG Bell Foudation aux USA sous le nom de "Listening and Spoken Language", elle semble avoir été favorablement accueillie en Allemagne. La clinique Helios de Berlin propose ainsi un dépistage de la surdité et une possible implantation cochléaire de l'enfant avant 6 mois; les nourrissons sont alors dirigés vers un centre de réhabilitation de l'audition et de la parole dirigé par E. Hamann, pionnière en ce pays de la méthode AVT.
Depuis quelques mois, certaines associations françaises se sont prononcées en faveur de ce qui est devenu la "langue écoutée parlée".
Ses principes
Tout enfant, via un appareillage ou un implant adapté à sa surdité, peut détecter la quasi totalité des sons. Il doit pouvoir ainsi accéder à la langue parlée, pour la comprendre et l’exprimer, par sa seule audition. Sa réhabilitation auditive suppose trois conditions:
Lire aussi
* Parler ou signer avec un jeune enfant sourd
* Conseils aux parents de jeune enfant sourd
* L'implantation peut-elle supprimer la surdité ?
* un diagnostic et un appareillage ou une implantation ultra précoce de préférence;
* une surstimulation et sollicitation quotidiennes de la fonction auditive;
* la non utilisation de la voie visuelle par l’enfant dans les situations de communication.
La pionnière de l’AVT en Europe "supplie" les parents "de ne pas signer et de ne pas pratiquer la LPC". Elle rejette aussi toute "emphase sur la lecture labiale".
Thérapie, rééducation et coaching
Des thérapeutes de l’AVT (environ 200 officiellement formés dans le monde) indiquent aux parents la marche à suivre pour devenir les "coachs" de leur enfant.
Il convient de parler le plus possible, soit de façon significativement plus importante qu’avec un enfant entendant; cette parole de tous les instants accompagne des jeux, des exercices et des tests d’écoute progressifs à pratiquer tout au long de la journée.
Il convient de parler au plus près du microphone de l’appareil ou de l’implant de façon à optimiser la réception auditive; de ce fait, la communication en face-à-face est évitée; si l’enfant regarde le visage pendant l’échange, il est souhaitable de cacher sa bouche, avec la main ("hand cue") ou un objet.
Ces moments de conversation doivent se dérouler avec une voix normale, mais selon un débit légèrement ralenti et une accentuation des aspects mélodiques de la parole; les bruits de fonds parasites doivent être annulés (on conseille de désactiver climatiseurs, ventilateurs, télévision ou radio).
Certains thérapeutes proposent de récompenser l’enfant lorsqu’il répond positivement aux sollicitations.
Une conception réparatrice
Le but explicite est de permettre l’accès de l’enfant sourd à la "communauté des entendants". Il s’agit d’annuler les effets de la surdité, de "réparer" en quelque sorte l’enfant déficient qui peut et doit entendre et écouter. "Les 'AVthérapistes' considèrent que les implants cochléaires rendent les enfants entendants", déclare une maman d'enfant sourd (forum Enfants porteurs d'un implant cochléaire)
Les adeptes de l’AVT affirment par ailleurs que seule l’audition et l’écoute permettent l’apprentissage de la lecture, la réception visuelle de la langue étant insuffisante.
Un certain enthousiasme
Cette orientation ne manque pas de séduire les parents entendants catastrophés par la surdité de leur jeune enfant. Le modèle donné, même si il implique un programme contraignant dans la vie quotidienne, les attire. Certains témoignages vont jusqu’à parler de miracle.
Pourquoi dès lors ne pas faire confiance à une méthode qui promet l’intégration scolaire, sociale et professionnelle, qui doit conduire à une sorte d'anonymat des sourds dans la société, qui annule la surdité tant redoutée?
Des questions à se poser
Ce type de programme propose un modèle de sourd plus que ressemblant à une personne entendante qui, elle, utilise aussi le non verbal dans sa communication en langue parlée.
Une telle surstimulation est-elle vraiment nécessaire à l’acquisition de la langue? Ne peut-elle conduire à des dérives, sur le plan psychologique en particulier?
L’article "AVT et implant cochléaire peuvent-ils supprimer la surdité?" se propose d’analyser ces questions.
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Heureux de partir « aider les jeunes sourds marocains » - Saint-Sébastien-sur-Loire
ls ont 14 et 15 ans et poseront pour la première fois le pied sur le continent africain fin mars. Sur la carte, le doigt d'Arnaud se pose sur la ville d'Agadir, au pied de l'Atlas, dans l'extrême sud-ouest marocain. « Notre destination. » Les yeux brillent d'excitation. Les mains s'agitent, bavardes. Ces six collégiens sourds ou malentendants sont très enthousiastes pour ce long périple qui les attend. « On descend par la route, dans le convoi des Camions du partage, et on revient en avion », se réjouit Rémi qui fera son premier vol. « On va découvrir une autre culture », dit Alicia.
« Je suis pressé d'y aller pour rencontrer les sourds marocains », complète Arnaud. Pourront-ils bien se comprendre ? « Je pense que oui parce que les Marocains pratiquent la langue des signes belge, différente mais assez proche de notre langue des signes française. »
Leur professeur, Gaël, qui a déjà mené cette opération humanitaire en 2009, leur a bien expliqué qu'ils seront sans doute surpris de la pauvreté et des conditions de scolarisation des enfants sourds à Agadir. « Chez eux, les filles font couture et les garçons menuiserie. Ils n'ont pas le choix. » Pourquoi les restreindre dans les métiers ? se demandent les collégiens qui, eux, se projettent déjà maçon, coiffeuse, peintre, photographe, graphiste. Avec pour Rémi et Arnaud, deux jours par semaine en entreprise. Ils suivent leurs cours au collège René-Bernier et sont encadrés par des enseignants spécialisés de l'institut de la Persagotière.
Collecte de matériel
L'école d'Agadir a peu de moyens. Raison pour laquelle, en 2009, du matériel pour équiper un internat a été apporté. « Cette année, le projet est de monter une bibliothèque », explique Arnaud. « Pour collecter des livres, BD, jeux éducatifs, vêtements, vélos, outillage, machines à coudre... On fait passer un mot à toutes les familles des enfants sourds qui sont à la Persagotière. Il y a un semi-remorque à remplir ! »
Il est encore temps de participer en déposant les dons à la Persagotière, (quartier Saint-Jacques à Nantes, 30, rue des Frères-Louis). Deux profs accompagnent Alicia, Angélique, Arnaud, Maïky, Quentin et Rémi. Ils partent le 26 mars pour un voyage de 8 jours. On pourra suivre cette aventure sur leur blog : nantes-agadir.com.
mercredi 26 janvier 2011
http://www.ouest-france.fr/
Trois jeunes femmes d'origine roumaine ont été interpellées hier aux alentours de 11 h 30, rue Serviez. Celles-ci prétendaient être sourdes et muettes. Elles faisaient signer une pétition pour une association de sourds et muets, et demandaient de l'argent pour soutenir cette organisation.
Conduites au poste de police, les trois jeunes femmes ont refusé de décliner leur identité. Mais le fichier des empreintes digitales a fait apparaître au moins six identités. Il semblerait que le trio, toujours en garde à vue hier après-midi, écume tout l'Hexagone avec ce scénario.
Publié le 27 January 2011 à 07h52
http://www.larepubliquedespyrenees.fr/
Le LaM a été l'un des tous premiers musées dans la région à se pencher sur la question des visiteurs handicapés. Maquettes pour non-voyants, visites en langue des signes... Petit tour non-exhaustif de toutes les initiatives.
ISABELLE DUPONT > isabelle.dupont@nordeclair.fr À l'initiative de la démarche, il y a Claudine Tomczak, petit bout de femme à la ténacité admirable. Même si elle déteste se mettre en avant, éclairer son parcours permet d'expliquer pas mal de choses.
Arrivée en 1997 au LaM, elle passe son bac en candidat libre, après un congé parental et se charge dans un premier temps de la billetterie. Mais bien vite, l'idée de faire découvrir des oeuvres à tous les publics devient une priorité. Tout en se formant, elle monte d'abord un projet avec le public malvoyant autour de copies d'oeuvres.
La première, c'était Bouteille et verre d'Henri Laurens. La fermeture du musée pendant quatre ans lui permettra d'étoffer son stock de sculptures tactiles. « On en a profité pour trouver des mécènes, d'autres sculptures... » raconte-t-elle.
Si bien que la veille de l'inauguration officielle, Claudine Tomczack a pu organiser une ouverture spécifique pour les malvoyants et mal-entendants, les personnes en fauteuil ou souffrant de handicap mental. Les sculptures du parc ont elles aussi été recréées ainsi que la Tête de femme de Modigliani. Et d'autres demandes sont en cours auprès de mécènes pour créer une maquette tactile du musée et des copies d'oeuvres d'art brut.
« Ça leur permettrait de se repérer dans l'espace avec trois touchers différents sur la maquette », prévoit Claudine Tomczack. Un travail relayé et un idéal partagé par toute l'équipe du musée : « Les conservateurs sont très sensibles aux publics spécifiques. Ils ont fait une sélection d'oeuvres dans les salles qui peuvent être touchées avec ou sans gants. » Deux d'entre eux se sont formés à la langue des signes, ainsi que dont Claudine Tomczak.
Un guide
formé au Louvre
Prochaine étape le 30 janvier, avec une grande première : une rencontre autour d'une oeuvre, avec des « thermo-gonflés » du Nu assis à la chemise de Modigliani, un procédé qui permet de toucher des reproductions d'oeuvre en relief. « Un guide formé au Louvres à travailler avec les malvoyants fera la visite. C'est tout nouveau », précise Claudine Tomczack. Auparavant, durant les vacances de Noël, le musée a mis en place une visite en langue des signes et un spectacle qui a accueilli 54 personnes.
Enfin, une carte d'abonnement a été créée pour les publics professionnels. Pour 25 E par an, elle permet à tous les professionnels du secteur spécifique (animateurs, éducateurs, infirmiers, psychologues...) de venir gratuitement, avec des petits groupes au LaM. Elle donne droit à un programme de formations, avec des thématiques comme « les chefs-d'oeuvres du LaM » et des rendez-vous plus pratiques sur le montage de projets ou d'ateliers.
Quant aux actions hors les murs, initiées durant la fermeture, elles se poursuivent. Ainsi chaque année, le LaM participe, à Saint-Alban, aux rencontres sur la psychiatrie institutionnelle.w
Publié le jeudi 27 janvier 2011 à 06h00
http://www.nordeclair.fr
Une réunion intéressante avait lieu ce mardi après-midi en mairie à l'initiative de Jean Torrent. Ce dernier avait convié le personnel administratif et technique ainsi que des membres du conseil municipal à une rencontre avec l'Apida 66. Cette association, créée en 1995, a pour but d'aider les déficients auditifs (sourdS et malentendants) dans leur démarche d'insertion sociale, scolaire, professionnelle et culturelle.
Sans vouloir remplacer ces personnes dans leur démarche, l'Apida 66 veut faciliter leur communication en leur permettant de recevoir les informations et de les comprendre afin de pouvoir les utiliser en toute connaissance de cause. La langue des signes désormais reconnue comme langue académique, il « était normal que l'Apida 66 mette l'apprentissage de ce mode de communication à la portée du plus grand nombre », précise-t-on du côté de l'association dont le siège se trouve dans les Pyrénées-Orientales.
Cette réunion, qualifiée de « très intéressante et surprenante » par les participants, devrait déboucher à long terme sur une permanence dans la cité chapelière. Une belle initiative que l'on ne pouvait que saluer. Contact : tél. 04 68 35 64 44.