Depuis septembre, Patrice Carillo anime des cours de langue des signes française à la Maison des 5 Sens et aux JSA.
Les entreprises et Pôle emploi peuvent participer à la prise en charge des stages intensifs. Ici, à la Maison des 5 sens.
La Maison des 5 sens est la première maison de quartier à proposer des cours de langue des signes française (LSF), à Bordeaux. « Se former au langage des sourds, c'est faire preuve d'un esprit curieux, c'est créer des passerelles entre le monde du silence et celui des entendants, et entrer dans la culture des sourds, plus ouverte, plus tactile, pleine d'humour, de beauté, de poésie », explique Patrice Carillo, interprète professionnel et formateur de LSF depuis l'âge de 19 ans.
Dans le quartier, il initie les jeunes du lycée professionnel à la langue des sourds depuis 2008 et les étudiants en psychomotricité de Bordeaux 2 depuis 2004.
Option au bac
Il vient de faire sa seconde rentrée au lycée professionnel des Menuts, « le seul et premier établissement à avoir l'option facultative langue des signes au baccalauréat ». Il a démarré, mercredi, ses premiers cours à l'école de journalisme.
Aux JSA, les premiers stagiaires sont enchantés. Aide-soignante dans le milieu du handicap, Mounya a toujours voulu entrer en communication avec les personnes sourdes. Géraldine, 28 ans, est orthophoniste : « De plus en plus dans nos métiers, on apprend la langue des signes pour nos patients sourds qui ont envie d'avoir de vrais échanges avec nous. »
Loi handicap
Secrétaire au chômage, 57 ans, Danielle est en recherche d'emploi : « À compétence égale, ça fera peut-être un plus sur mon CV », espère-t-elle. « Avec la loi Handicap du 11 février 2005, les lieux publics auront obligation, en 2015, d'accueillir et orienter les personnes handicapées comme les autres publics », explique Patrice Carillo qui intervient aussi comme interprète auprès des tribunaux, de la police, dans des congrès…
Langue officielle
La LSF fait partie des 43 langues européennes officielles. C'est un langage visuel, gestuel. « Il faut penser en images, comme une BD, pas faire de la littérature. Plus vous êtes expressif, plus vous vous ferez comprendre ! », dit l'enseignant qui anime des cours 1er niveau le lundi soir à Saint-Augustin et des stages intensifs d'une semaine, par petits groupes. L'autre jour, Pédro, un ami sourd, est venu le chercher aux JSA : « Mes stagiaires ont su dire leur nom, leur prénom, et à travers du mime, s'exprimer et lui faire comprendre des choses. C'était super sympa ! »
Du 14 au 19 novembre prochain se tiendra la semaine pour l'emploi des personnes handicapées. A cette occasion, W9 a préparé...
... une programmation spéciale, tout au long de la semaine.
Ainsi, la chaîne de la TNT mettra à l'antenne, du lundi au vendredi à 19h40, J'en crois pas mes yeux, une mini-série qui met en scène un aveugle et un valide. Tous deux tenteront, avec humour de faire évoluer les comportements face aux personnes handicapées. Un programme né de l’association entre Jérôme Adam, un chef d'entreprise qui a perdu la vue à l'âge de 15 ans et Guillaume Buffet.
Egalement, les téléspectateurs découvriront des spots enregistrés par les animateurs de la chaîne, de Sidonie Bonnec à Marie-Ange Casalta en passant par Karima Charni, enregistrés en langue des signes, et "incitant à changer notre regard sur les personnes handicapées".
A découvrir également, le mercredi 16 novembre à 11 heures, le téléfilm Des mains en or, où un chirurgien tente une opération destinée à séparer 2 jumeaux siamois. Sans oublier une spéciale de Vies Croisées, "S’aimer malgré le handicap", diffusée le mercredi 16 novembre à 00.30.
Une programmation spéciale dont Yann-Alrick (notre photo), le gagnant de La meilleure danse, atteint de surdité, sera le parrain.
La semaine pour l’emploi des personnes handicapées : programmation spéciale sur W9.
A l’occasion de « La semaine pour l’emploi des personnes handicapées » qui se tient du 14 au 19 novembre 2011, W9 se mobilise pour faire bouger les choses et met en place une programmation spéciale.
Du lundi au vendredi à 19.40, découvrez en exclusivité « J’EN CROIS PAS MES YEUX » une mini-série qui met en scène un aveugle et un valide et qui tente avec humour de faire évoluer nos comportements face aux personnes handicapées. Le programme « J’EN CROIS PAS MES YEUX » est né de l’association entre Jérôme Adam, un chef d'entreprise qui a perdu la vue à l'âge de 15 ans et Guillaume Buffet. Persuadés que l'humour est la voie à emprunter pour combler le fossé qui sépare les valides et les personnes handicapées ils décident de créer cette mini-série dont l’objectif est simple : Créer du lien entre personnes valides et handicapées et lever le sentiment de maladresse.
DECOUVREZ UN EPISODE DE « J’EN CROIS PAS MES YEUX » :
Portefeuille par JCPMY
La chaîne qui s’associe à cette opération de sensibilisation aura comme parrain Yann-Alrick, vainqueur de LA MEILLEURE DANSE et atteint de surdité et vous proposera un teaser original le mettant en scène.
RETROUVEZ EGALEMENT :
· Le message des animateurs de W9, enregistré en langue des signes, et incitant à changer notre regard sur les personnes handicapées.
· Les clips de Florent Pagny « Savoir aimer » et celui de Calogero « Nathan » qui traitent du handicap, diffusés tous les jours.
· Le Téléfilm « Des mains en or », diffusé mercredi 16 novembre à 11.00. Un chirurgien tente une opération destinée à séparer 2 jumeaux siamois.
· L’émission « Vies Croisées : S'aimer malgré le handicap », diffusée mercredi 16 novembre à 00.30. Perte de mémoire, paraplégie, suivez le quotidien de familles qui cohabitent avec le handicap.
Atteinte d'une maladie rare, ma fille est invisible pour l'Etat et l'école
En France, le nombre de personnes porteuses d'une maladie rare est estimé à 4 millions. Ma fille en fait partie. Elle a 13 ans et sa particularité se nomme « syndrome Phelan-McDermid » ou « délétion 22q13 ». Pendant de longues années, elle est allée à l'école ordinaire.
Puis quand elle a grandi, un établissement pour jeunes sourds lui a dispensé scolarité, rééducation et apprentissage de la langue des signes, aide indispensable à ce moment-là, pour l'aider à communiquer. Maintenant, tout a changé. Elle n'a plus droit à l'école, d'aucune sorte, et il faut se débrouiller pour les rééducations.
Itinéraire d'une déscolarisation annoncée
Après quatre ans d'accueil ininterrompu, la structure décide en effet que Camille « présente une déficience qui ne devrait pas être prise en charge par notre institution ».
Une soudaine et inattendue prise de conscience validée par la MDPH (Maison des personnes handicapées) en juillet 2010.
Sans alternative proposée, Camille se retrouve donc à la rue… ou plutôt à la maison, sans aucun accueil. Commence alors la chasse aux professionnels afin de pallier a minima cette situation ubuesque et incongrue.
Ergothérapie et orthophonie en libéral, éducatrice à domicile pour l'aspect scolaire, composent désormais le suivi de Camille. A nos frais pour une majeure partie.
Parallèlement, plusieurs recours sont déposés contre cette décision, en vain.
Côté socialisation, c'est aussi la galère
Les différents centres de loisirs ordinaires contactés nous opposent toujours la même réponse : « Non, elle a un handicap ». Un accueil de loisirs spécialisé exige le diagnostic d'autisme comme un laissez-passer. Ce que nous n'avons pas.
Après pratiquement un an de recherche, Camille est enfin accueillie dans un centre aéré ordinaire, et il est même question que la personne supplémentaire embauchée pour l'occasion ne soit plus nécessaire à son accompagnement…
Au printemps 2011, en concertation avec les professionnels, nous élaborons un nouveau projet d'orientation pour Camille. C'est une Ulis (Unité localisée pour l'inclusion scolaire), classe adaptée au sein d'un collège. Camille continue en effet à progresser et présente toujours une grande appétence pour l'apprentissage scolaire.
Malheureusement, en juillet suivant, la MDPH retoque à nouveau cette autre proposition. Toujours sans motivation.
S'ensuit donc une nouvelle rentrée sans accueil ni école et la nécessité pour nous de continuer à organiser un emploi du temps structuré et équilibré.
Nous poursuivons l'Etat pour non-scolarisation
Un collectif chargé d'intervenir sur les questions scolaires relatives aux enfants handicapés s'est créé récemment dans le département. Une chance, pense-t-on, et contact est aussitôt pris. Mais cette fois, c'est la non-scolarisation de ma fille qui fait blocage.
Comble de l'absurde, c'est justement de scolarisation dont Camille est privée ! Une atteinte partielle aux droits serait-elle plus défendable que pas de droits du tout ?
Une requête contre l'Etat pour non-scolarisation est déposée début septembre.
Peu de chiffres circulent sur le nombre total d'enfants/jeunes non scolarisés ou, de façon générale, sans accueil. Ils seraient environ 5 000, selon les chiffres de la Fnaseph (Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap).
Et cela n'est guère étonnant, chaque famille concernée reste isolée et les organismes officiels n'en font guère écho.
Ces enfants-là n'entrent dans aucune case, encore moins s'ils sont porteurs d'une maladie rare. Derrière la maladie, il y a pourtant un enfant, avec les mêmes envies, et théoriquement les mêmes droits que les autres.
Sans nier les spécificités de chaque handicap, bien des besoins sont communs, (communications alternatives, structurations temps/espace ou nécessaire adaptation des apprentissages).
L'instruction obligatoire jusqu'à 16 ans passera-t-elle un jour par ici ?
Camille aura-t-elle un jour le « bon » handicap pour rentrer dans la « bonne case » ?
Les Simpsons reviennent pour Noël... W9 s'engage contre les préjugés...
TELEVISION - 20Minutes vous révèle les dernières news du petit écran...
Deuxième «casting de la diversité» à France Télés
La semaine dernière s’est tenu discrètement dans les locaux de France Télévisions un nouveau «casting de la diversité». But de ces sessions où passent une vingtaine d’animateurs et journalistes repérés par Bertrand Mosca, nouveau directeur de France 2 et toujours directeur des nouvelles cultures et de la diversité? Confirmer de nouveaux visages susceptibles d’intervenir à l’antenne en janvier.
Une précédente session, le printemps dernier, avait permis d’entériner l’arrivée d’Hicham Nazzal, qu’on verra d’ici quelques mois dans le divertissement «Roméo et Juliette» où deux classes de lycées doivent jouer la pièce de Shakespeare. De Patrice Boisfer (I-Télé) pour un prime de variétés sur France 2 et de Samira Ibrahim, qui après avoir animé cet été «Code de la route, à vous de jouer» avec Julien Courbet sur France 2, présente l’émission de reportages «Planète investigation» sur France ô, le mercredi à 20h35
Il y aura des Simpsons à Noël
Cadeau de fin d’année pour les fans de Marge et d’Omer, c’est durant la période de Noël que Canal+ diffusera la 22e saison inédite des «Simpsons». Guest-stars attendus de la série animée, spécialiste du genre: Lea Michele («Glee») Hugh Laurie («Dr House») Daniel Radcliffe (Harry Potter) Mark Zuckerberg (fondateur de Facebook) Jon Hamm («Mad Men»)…
W9 engagée contre les préjugés
Histoire de rire intelligemment des préjugés. La chaîne de la TNT W9 (groupe M6) a décidé de s’engager à l’occasion de la semaine pour l’emploi des personnes handicapées. Du 14 au 19 novembre, elle passera des messages d’animateurs en langue des signes, un téléfilm dédié au sujet et diffusera aussi à 19h25 un programme court «J’en crois pas mes yeux», créé par Jérôme Adam, un chef d'entreprise qui a perdu la vue à l'âge de 15 ans et Guillaume Buffet.On y verra un personnage principal aveugle explorer avec humour le rapport entre valides et handicapés.
Anne Kerloc’h
Publié le 23 octobre 2011
http://www.20minutes.fr
Né très prématuré, le jeune homme perd une grande partie de son audition en étant placé dans une couveuse trop longtemps. Muni de prothèses auditives classique (pas les fameux implants cochléaires très contestés), Nicolas peut parler et mener une discussion sans obstacle. En plus, « pour être sûr d'avoir bien compris le message », il fait de la « lecture labiale ».
Quand ses parents le placent dans un internat pour sourds, c'est la plongée dans un monde inconnu. Ne venant pas d'une famille de sourds et appareillé depuis ses trois ans, le jeune Boulonnais ne parle pas du tout la langue des signes. Grâce à cette immersion, il apprend cette nouvelle langue en quelques mois alors qu'il a quatorze ans. Et pour Nicolas, la surdité n'est pas un handicap : « si je me mets à signer devant vous, vous ne comprendrez rien et le handicap se retourne ».
Après quelques années de petits boulots, le jeune, motivé, se rend compte que le monde du travail n'a pas de place pour un profil atypique comme lui. Qu'à cela ne tienne, il décide de créer son propre emploi en septembre 2008. Comme seules cautions pour exercer ce métier d'interface de communication encore mal reconnu, une évaluation de son niveau en LSF (niveau 11 sur 12) et un diplôme de compétence en langue des signes. « C'est très différent du métier des interprètes qui doivent tout traduire mot à mot. Nous, on s'adapte au niveau des gens en langue des signes. On peut changer des mots dans la phrase sans en altérer le sens pour faciliter la compréhension. » Encore aujourd'hui, Nicolas doit faire ses preuves en tant qu'interface : « Aucun diplôme n'est exigé pour exercer ce métier et les gens font plus appel aux interprètes qu'aux interfaces car on est encore mal vus. » Mais le vent commence à tourner :« Les gens commmencent à se rendre compte qu'il y a une valeur ajoutée dans notre travail car on simplifie le message afin de le rendre accessible. » De plus, les interfaces s'adaptent à la façon de signer de chaque personne, les sourds n'ayant pas tous le même niveau. « Entre 1880 et 1980 la LSF était interdite et les anciens ont souvent du mal avec les interprètes d'aujourd'hui. » Ses clients sont souvent recrutés grâce à internet, la panacée pour les sourds du XXIème siècle ainsi connectés au monde entier. Nicolas les accompagne partout où ils en ont besoin : « Chez le médecin, le dentiste, à la Maison départementale pour les handicapés... » Il a aussi travaillé pour le commissariat et le tribunal de Boulogne !
Nicolas donne aussi des cours d'initiation à la langue des signes au lycée Cazin. Il a également redonné vie au « café signes » de Boulogne, un espace où peuvent se retrouver les sourds : « La plupart des sourds ne rencontrent pas d'autres sourds sur leur lieu de travail, ils ne signent plus et perdent l'habitude. » Tous les mois, des sourds de tous âges venant de toute la région se retrouvent au Big Cox, pour signer ensemble, de 17 h 30 à la fermeture ! •
Pour le café signes, rendez-vous le deuxième samedi de chaque mois au Big Cox Café, rue Faidherbe, à partir de 17 h 30.
Renseignements sur l'activité d'interface sur http :// paroledemains. waibe.fr
Bordeaux
Maya, flic et sourde, mène l'enquête dans la ville
« Le port de la Lune », de Bénédicte Gourdon et Éric Corbeyran, se lit comme un polar. C'est aussi un hommage aux sourds et à Bordeaux.
Bénédicte Gourdon travaille depuis douze ans avec les personnes atteintes de surdité. Elle milite pour eux.
Au départ, c'était un roman policier. « Je suis fan de séries télévisées où l'on s'intéresse plus aux personnages qu'à l'histoire », raconte Bénédicte Gourdon. Éric Corbeyran, son compagnon, la convainc de scénariser l'histoire en bande dessinée.
Bordeaux, années 2000. Maya Lipman est inspecteur à la brigade criminelle. « Flic et sourde. En tout cas, c'est ainsi qu'on se plaît à me définir », dit le personnage. Flic et sourde, les deux mots ne vont pas ensemble. Il est impossible en France d'exercer ce métier lorsqu'on est atteint d'une surdité totale. « Mais ailleurs, c'est possible », explique Bénédicte Gourdon. La coscénariste de « Port de la Lune » travaille depuis douze ans avec ce public. D'abord dans une unité à Gradignan et depuis six ans au CHU de Bordeaux. Cette activité professionnelle la passionne.
Depuis plusieurs années, Bénédicte Gourdon a traduit en mots, en albums et en bandes dessinées l'univers des sourds. « On ne les voit pas, on oublie qu'ils sont là et surtout tous ces petits trucs qui font qu'ils s'intègrent dans la société », relate-t-elle.
« Le port de la Lune », dont le premier tome s'intitule « Rue Abbé de l'Épée » est illustré par Horne. Il a pour décor Bordeaux., ses façades, sa Garonne. L'ancien hôtel de police de Castéja surtout. Le site a hébergé jusqu'en 1956 une institution de jeunes filles sourdes et muettes. Il a été mis en vente en 2010. Le Conseil municipal de Bordeaux a demandé dans le cahier des charges de la vente de prévoir un centre de ressources pour les sourds. Bénédicte Gourdon raconte l'histoire de ces lieux.
Un acte militant
Maya Lipman est à la recherche avec ses collègues d'un mystérieux Prince, suite à une lettre anonyme reçue au commissariat. Elle arpente le quartier Saint-Pierre, les quais de Paludate, la Bourse, Gambetta. On retrouve le Bordeaux empêtré dans ses travaux du tramway, des adresses de café bien connues. Los Dos Hermanos a été transféré rue du Palais-Gallien, rebaptisé Tres Hermanos.
Maya Lipman raconte sa vie de sourde en milieu professionnel. De femme également dans un milieu de flics plutôt matcho. « Le regard sur les sourds est petit à petit en train de changer, estime Bénédicte Gourdon. La lutte a été longue. C'est seulement depuis 2005 que la langue des signes a été officiellement reconnue. »
Cette bande dessinée poursuit ce mouvement. « Je milite pour l'ouverture d'un lieu pour les sourds à Castéjà », scande-elle. La suite du polar est attendue l'an prochain. Le nom de ce deuxième tome est déjà connu : « Miroir d'eau ».
Laurie Bosdecher
« Le port de la Lune », tome 1 « Rue Abbé de l'Épée », 56 pages, éditions Vents d'Ouest, 13,50 €.
Périgueux
« Pour le droit à la culture des sourds »
Emmanuelle Laborit était hier à Périgueux afin de présenter « Héritages », en langue des signes et en français.
«Pour moi, le premier acte militant, c'est de présenter des spectacles », affirme Emmanuelle Laborit. Souples, agiles, les doigts de la comédienne se déplacent à toute vitesse. Ses mains dessinent des arabesques.
L'héroïne des « Enfants du silence » s'exprime dans la langue des signes, qu'elle s'attache à défendre et à promouvoir à la tête de l'International Visual Théâtre. Une interprète, Corinne Gache, traduit ses propos.
Emmanuelle Laborit est venue hier à Périgueux, pour présenter au Théâtre « Héritages », la première pièce qu'elle a mis en scène. Le spectacle, joué en langue des signes et en français, entamait là sa tournée en province. « Le passage à la mise en scène s'est fait naturellement. L'auteur Bertrand Leclair a écrit le texte en résidence à l'IVT. Il raconte l'histoire d'un jeune sourd qui revient dans sa famille. Comme je suis sourde, j'étais tout indiquée pour le monter. »
Citoyens à part entière
En arrière-plan de la pièce, il reste toujours cette interdiction de langue des signes datant du congrès de Milan, en 1880. « Aujourd'hui, elle n'est plus interdite, mais elle est très peu présente dans les médias, à la télévision, constate Emmanuelle Laborit. Les sourds n'ont pas de vraie possibilité de choix. Il faut changer la politique appliquée en France. Je veux montrer la situation dans laquelle nous sommes. Ce spectacle est un état des lieux. Dans les familles, il y a un problème de communication, une souffrance, du côté des sourds comme des entendants. »
Emmanuelle Laborit se réfère aux autres pays européens. « En Angleterre, la BBC a rendu obligatoire le sous-titrage pour 50 % de ses programmes. Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'on est à 50 % citoyens ? Et en France, on n'en est même pas là. Je défends le droit à la culture des sourds. Nous devons être des citoyens à part entière. »
La comédienne lance également un appel pour demander au ministère de la Culture un véritable soutien à l'IVT et pas seulement des aides ponctuelles. Une pétition est mise en ligne sur Internet, sur le site www.ivt.fr.
Elle reçoit une facture de mobile de 145 000 euros
Une habitante de Floride a reçu une facture salée de T-Mobile après avoir abusé de visioconférence avec ses frères sourds-muets.
Une Américaine a eu la mauvaise surprise de recevoir une facture de téléphonie mobile de plus de 200 000 dollars (145 000 euros) après avoir passé un peu trop de temps en visioconférence et en échange de SMS avec ses deux frères sourds-muets partis en voyage au Canada.
Celina Aarons, qui habite la Floride, débourse habituellement 175 dollars par mois auprès de son opérateur, T-Mobile, mais elle a oublié d'activer une option internationale lorsque ses deux frères sourds-muets sont partis faire une escapade de deux semaines au Canada.
Voulant rester en contact avec eux, la femme a envoyé plus de 2 000 textos et passer pas mal de temps à discuter en streaming vidéo. Bilan ? Elle doit pas moins de 201 005,44 dollars à T-Mobile et a reçu une facture longue de 43 pages dont elle se souviendra longtemps. Une somme considérable qu'elle était évidemment incapable de payer.
Pour se sortir du pétrin, elle a contacté la chaîne de télévision locale WSVN et, par son entremise, réussi à faire baisser la facture à 2500 dollars (1800 euros), payable sous six mois.
Mais tout cela n'est rien à côté du record du monde de la facture mobile la plus salée, toujours détenue par un Malaisien à qui son opérateur a réclamé en 2006 la somme de 218 000 milliards de dollars (160 000 milliards d'euros). Yahaya Wahab avait oublié de déconnecter le téléphone de son père décédé.
Des cours de cuisine pour les personnes sourdes - Pencran
L'initiative
Belle animation, samedi matin, impasse des Ormes, pour un cours de cuisine peu ordinaire : huit femmes sourdes venant de tout le département s'affairent à de délicieuses préparations culinaires, dans l'Atelier de Sandra, sous le regard expert de Pascal L'Hostis, chef cuisinier. Deux interprètes de la langue des signes assurent la bonne communication entre les apprenants et les moniteurs.
Égalité des droits
L'initiative revient à Arzhella Ains, animatrice du service d'accompagnement à la vie sociale (Siavs). Elle est financée par le conseil général du Finistère, et dépend de l'Union régionale des associations de parents d'enfants déficients auditifs (Uradepa). « Notre démarche est de favoriser l'égalité des droits pour les personnes sourdes, selon leurs centres d'intérêt et leurs compétences, précise Arzhella Ains. Les bénéficiaires paient les cours comme tout le monde, et nous nous chargeons de l'organisation et de l'interprétariat. »
Comme les entendants
D'autres séances suivront : le 19 novembre, sur le thème des repas de fête, et le 10 décembre pour la préparation du foie gras. À partir de janvier, une nouvelle série de cours sera destinée aux personnes malentendantes.
Sabine Tanguy, mère de quatre enfants, habitant Plabennec, est ravie de participer à cette formation : « J'avais envie de faire comme les entendants, et je me disais qu'ils avaient de la chance de suivre des formations. Voilà. Maintenant, nous aussi nous y avons droit. C'est cela l'équité. »
Contact : Arzhella Ains, tél. 02 98 41 82 65 (ou arzhella.ains@urapeda-bretagne.fr). L'Atelier de Sandra sur www.latelierdesandra.com