LA dernière représentation du spectacle “Est-ce que quelqu’un m’écoute ! ?” a eu lieu samedi dernier au Théâtre sous les Arbres du Port. Cette pièce, créée par une jeune femme sourde professeure en Langue des Signes en Français (LSF), Raby Acharaff, et mise en scène par Jean-Laurent Faubourg, est un vibrant plaidoyer pour le renforcement des liens entre les personnes sourdes et les entendants, pour l’écoute et le respect des personnes handicapées, pour l’union des valides et des non valides.
Ce message fort nous fait sentir de l’intérieur la souffrance du rejet qui accompagne trop souvent le handicap. Mais il ne se limite pas au champ du handicap, il concerne en fait l’ensemble de notre société.
En effet, celle-ci est dominée par un système qui est une fabrique d’inégalités croissantes et qui détruit la cohésion sociale. Les classes sociales qui dirigent notre vivre ensemble n’écoutent pas les plus pauvres ; elles cherchent avant tout à les exploiter davantage pour augmenter leur propre richesse.
Augmenter le pouvoir d’achat
Ce partage inégal des moyens de vivre et ce refus d’écouter les revendications des plus fragiles dominent la planète et mettent gravement en danger l’avenir de l’humanité. On le voit tous les jours à travers les centaines de millions d’humains qui souffrent de la faim et des effets du chaos climatique. On l’a constaté dans la tragédie du Darfour, où les dirigeants de la communauté internationale n’ont pas voulu entendre pendant des années les appels au secours des victimes de cette guerre civile.
Chez nous, les responsables politiques et économiques n’écoutent pas les citoyens victimes de la cherté de la vie, qui réclament une augmentation de leur pouvoir d’achat. D’une façon générale, trop de décisions sont prises sans concertation suffisante avec les personnes concernées.
S’écouter pour se faire écouter
Quels sont les voies et moyens de combattre les injustices d’un tel système ? Comment se faire écouter et faire respecter ses droits lorsqu’on appartient aux classes exploitées ou que l’on soutient leur combat ?
Bien sûr, il faut réussir à créer un rapport de forces favorable aux victimes des inégalités. Et pour atteindre un tel objectif, il faut une entente entre ces victimes. Elles ont besoin de lutter groupées.
Si l’on ne parvient pas à s’entendre et à s’unir dans la lutte, les puissants en profitent toujours plus et ne ratent pas la moindre occasion pour diviser le peuple. C’est pourquoi, il est nécessaire de toujours se parler et de s’écouter les uns les autres pour arriver à se mettre d’accord sur la meilleure façon de renforcer la cohésion sociale.
Ce dialogue entre ceux qui veulent changer le monde est indispensable. C’est un moyen essentiel de surmonter les divisions du peuple, dont bénéficient les classes dominantes. On mesure chaque jour les effets négatifs, voire dramatiques du manque de dialogue entre les personnes et entre les peuples. Dialoguer plus et mieux pour lutter de façon plus efficace est une des meilleures méthodes pour répondre aux attentes des personnes qui nous disent : « est-ce que quelqu’un m’écoute ? ».
D’ailleurs, philosopher n’est-ce pas - entre autres - dialoguer pour échanger des idées et pour essayer de changer tout ce qui ne va pas dans le monde ?
Sourds et malentendants : de graves problèmes à La Ressource
COMPAGNON d’une jeune femme sourde, professeure en Langue des Signes en Français (LSF), j’ai le devoir de dénoncer un certain nombre de graves problèmes que j’ai constatés au Centre de La Ressource, une structure sociale censée venir en aide aux personnes ayant une déficience auditive, visuelle ou motrice. Je parlerai ici uniquement des problèmes liés au secteur des personnes sourdes et malentendantes.
Ma compagne a été contactée à la mi-mars 2007 en Métropole par cet organisme, qui a créé un pôle de formation pour entendants, appelé IREF (IRSAM Réunion Formation). Malgré son handicap, cette enseignante excelle dans sa profession et tous ses stagiaires, sans exception, la couvrent d’éloges. Ce sont des personnes intéressées par la LSF - en réinsertion professionnelle le plus souvent - et des professionnels travaillant au sein de La Ressource (en général, comme éducateurs et professeurs).
Les jours et les mois passent. Ces professionnels de La Ressource, des personnes motivées par leur travail, qu’elle côtoie lors de ses formations, sont soulagés d’avoir enfin des cours en LSF. Certains, qui travaillent depuis une trentaine d’années avec de jeunes sourds, ont enfin droit à leurs premiers cours dans cette matière essentielle. Comment, pendant tout ce temps, ont-ils pu se faire comprendre par ces personnes sourdes et eux-mêmes les comprendre ? Comment se fait-il qu’un tel organisme embauche des personnes ayant un diplôme d’éducateur, mais n’ayant pas reçu une formation spécialisée sur les problèmes liés à la surdité ? Comment éduquer une personne sourde si on ne peut communiquer avec elle ? La Direction répond que cela n’est pas grave !
Une grande partie de ce personnel ne demande qu’à être formée. Mais le problème est qu’on ne lui donne aucun moyen, en se contentant de lui dire : « oui, oui, on vous formera plus tard, mais vous savez, ça coûte cher... » etc...
Quel est donc le rôle exact de La Ressource ? Quel est l’objectif de sa Direction et quelles sont ses motivations ?
Selon moi, cela ne fait aucun doute. La première motivation est d’ordre financier ! Mais où est donc passé le côté humain d’une telle institution ? Les personnes sourdes ne sont pas des objets, ni des cobayes, mais des personnes à part entière ! Les responsables de La Ressource et beaucoup de cadres ne connaissent rien au monde des sourds, souvent par manque de formations et d’informations, ne les côtoyant que dans leur milieu professionnel. Ils pensent que ce qu’ils leurs apportent est suffisant. Mais que connaissent-ils de leurs besoins et attentes ? Ils ne s’en préoccupent guère. Pourvu qu’il y ait toujours de nouveaux sourds à accueillir afin de toucher d’incroyables subventions de l’État !
Combien de sourds vont-ils encore casser dès leur plus jeune âge en les frustrant, les humiliant et générant en eux une colère ? Est-ce pour dire : “vous voyez, les sourds sont des gens colériques, qu’il faut assister, ils sont incapables de se débrouiller seuls dans la vie, etc...” ? Il faut que cela cesse.
Je peux vous assurer que des sourds plus intelligents que moi - un entendant -, j’en ai déjà rencontrés plus d’un. Seulement, ceux-là ont été à une toute autre école. Si La Ressource ne veut pas faire son travail comme il se doit, qu’elle laisse alors à d’autres, plus motivés et compétents, le soin de le faire.
Il faudrait que la DRASS, qui subventionne La Ressource, contacte ces jeunes sourds qui ne demandent qu’à fuir de leur “prison dorée”, qui, à douze ans, ne savent toujours pas compter jusqu’à dix, qui sont apeurés et paniqués, qui ressentent une pression constante et que La Ressource ne sait ni écouter, ni éduquer. Il faudrait également que la DRASS contacte tous ces sourds qui sont passés par ce Centre et qui, aujourd’hui, traumatisés, ont du mal à accepter des personnes entendantes. À qui la faute ? Sûrement pas à ces sourds !
Comment se fait-il que du personnel sourd venant de Métropole soit choqué et que son cœur souffre en voyant le bas niveau d’éducation et de scolarité de ces jeunes sourds ? Cela veut bien dire qu’il y a un sacré problème à La Ressource au niveau du service de la surdité !
Je tenais aussi à dire que la plupart de mes propos ont été récoltés auprès de jeunes sourds et de professionnels travaillant à La Ressource, qui avaient besoin de témoigner et de dénoncer publiquement ces problèmes.
Aujourd’hui, je ne souhaite qu’une seule chose : que tout cela change. Qu’on donne le droit aux Réunionnais, sourds et entendants, compétents pour éduquer et instruire de jeunes sourds, d’exercer cette profession afin que ces personnes handicapées aient enfin toutes les cartes dans leurs mains pour leur insertion sociale et pour un avenir meilleur à La Réunion.
J’appelle aussi tous les parents d’enfants sourds à être vigilants au choix du centre qui aidera leurs enfants, afin que ceux-ci soient plus à l’aise et réellement soutenus pour s’insérer dans notre société. Il ne faut pas croire qu’il n’y a que La Ressource à La Réunion comme organisme social lié à la surdité. Faisons bouger les choses car tous les sourds doivent avoir droit au respect de leurs droits, de leur personne et de leur dignité.
Ce festival compte des oiseaux rares qui risquent de passer inaperçus derrière les artistes et chorégraphes sur qui flashent les feux de la rampe. Ils ont pourtant un rôle majeur dans l’univers spectaculaire qui nous est offert. C’est le cas de Dany Lévêque, conviée avec Angelin Preljocaj, dont elle sert la compagnie depuis 1992 pour une fonction qu’elle est actuellement la seule à remplir en France : choréologue.
La musique a ses partitions, ses notes et son solfège. La danse a elle aussi sa notation sur une portée où s’inscrivent en langage de signes symboliques les mouvements du corps dans l’espace. Si le solfège peut échapper aux musiciens autodidactes, il semble bien que l’enseignement et la transmission de la danse se passent le plus souvent de partitions et relèvent davantage de la tradition orale. Une seule compagnie de la mère patrie échappe à cette pratique, celle du Centre chorégraphique national d’Aix-en-Provence autrement dit le Ballet Preljocaj, qui s’est offert depuis ses premières créations les talents d’une choréologue. Noémie Perlov au départ, puis Dany Lévêque, jusqu’alors. Elle est l’invitée du festival dionysien, car comme le précisent les organisateurs, la transmission est capitale pour valoriser l’art de danser dans cette partie du monde ; et le contact avec des professionnels garants de la mémoire vive d’un patrimoine chorégraphique écrit et unique ouvre un peu plus largement les horizons de cet univers qui reste d’exception. Le CNR va bénéficier de l’aubaine qui accueille aujourd’hui cette spécialiste de la notation pour une approche des systèmes établis de longue date par des chercheurs comme le Tchèque Rudolf von Laban et le Britannique Rudolf Benesh. “Personnellement, j’ai opté pour Benesh”, nous explique Dany Lévêque formée à Londres au centre de choréologie. Une science qu’elle a découverte lorsqu’elle travaillait à la Ménagerie de Verre et que, ne se trouvant pas assez bonne danseuse pour persévérer dans une discipline qu’elle adorait au point de ne pas vouloir quand même s’en éloigner trop, elle a décidé de faire sienne. “J’étais assez intriguée au départ et j’ai fouillé le sujet notamment dans le cadre de journées d’information qui m’ont finalement conduite dans la capitale britannique pour un an et demi de cours non-stop, 14 heures par jour, un enseignement qu’à Paris l’on dispense en quatre ans.
Danse avec les signes
Très vite, je me suis prise au jeu. C’est un peu comme apprendre une langue des signes, avec des combinaisons, des codes…”, raconte cette fille de mathématicienne et de scientifique qui, pour être “le vilain canard” de la famille, comme elle dit, n’en partage pas moins son esprit et son goût des chiffres. D’ailleurs après avoir appris la méthode Benesh (plus rapide en studio) Dany Lévêque s’est formée à celle de Laban (gestion du temps du mouvement sur la partition plus pratique) pour apprécier la différence et maîtriser son sujet. Un sujet qui l’a conduite tout droit chez Preljocaj. Un chorégraphe exigeant. “Et ça tombe bien, car plus on l’est et plus le travail de notation est facile. Je sais comment il fonctionne. La plupart des chorégraphes réfractaires à la notation ont peur de l’inconnu ou craignent que leurs œuvres ne leur échappent. Pourtant, laisser des traces pour les générations futures me semble personnellement précieux”, explique la choréologue qui, depuis quinze ans, consigne le répertoire de Preljocaj (24 pièces transcrites de sa main en direct pendant les répétitions), participe à leur remontage, les transmet à d’autres troupes. Car si la captation vidéo ou la transmission directe des œuvres sont monnaie courante, la notation aux dires des experts, apporte précision d’écriture, sensation gestuelle, et analyse précise du mouvement. “En tout cas ce métier me plaît ! Je considère que j’ai beaucoup de chance car j’évolue dans un milieu que je rêvais d’intégrer, j’ai vu beaucoup de choses et… je suis à la Réunion grâce à lui !”
À la regarder, ce mois-ci, à la une de
Modelmagazine, magazine belge de mode, personne n’aurait imaginé qu’Angélique Verstraete, de mère mauricienne et de père belge, est sourde et muette. Sa beauté naturelle, son assurance et sa personnalité ont effacé ce double handicap. Mais Angélique veut aller encore plus loin. Le 3 novembre, elle tentera de décrocher le titre de Top Model Belgium. Si elle y parvient, c’est la voie du mannequinat qui s’ouvrira devant elle. « La performance d’Angélique donne de l’espoir aux parents qui pourraient être découragés par le handicap dont souffre leur enfant. Bien souvent, un handicap pousse un enfant à le compenser par le développement d’un autre talent », déclare Mariam
Sumum, secrétaire de l’Association des parents des déficients auditifs.
Mal vus par certains et oubliés par d'autres, les sourds sont considérés depuis toujours comme des citoyens de seconde zone. A la faculté d'Ethnologie, plusieurs dizaines d'entre eux ont appelé samedi à la fin des discriminations dont ils sont victimes.
En Haïti, très peu de sourds-muets arrivent à boucler leurs études classiques. Personne ne sait si l'un d'entre eux est même déjà parvenu à franchir les portes de l'université. Sur le marché du travail, ils sont très peu représentés et plusieurs vivent dans une misère abjecte... De quoi susciter l'indignation des personnalités invitées à la célébration du 9e anniversaire de la fondation du Centre d'aide aux personnes à problèmes auditifs (CAPPA-Sourds-Haïti) 1998 - 2007. «Les sourds comme les autres groupes de handicapés du pays sont considérés comme des citoyens de second plan», ont-elles martelé à l'unisson.
La décision de l'administration Préval - Alexis de créer la Secrétairerie d'Etat à l'intégration des personnes handicapées est bien accueillie par tous. Des sourds s'en réjouissent. «Nous sommes contents de constater que l'Etat commence à se pencher sur notre cas en créant une Secrétairerie à l'intégration des handicapés», s'est réjoui Rosier, un jeune malentendant dans la trentaine.
Un peu d'attention SVP
Les personnes frappées de surdité disent attendre des mesures concrètes pouvant améliorer leurs conditions de vie. Comme toute première mesure, ils réclament la création d'une école de langue des signes qui aura pour mission de vulgariser cette langue à travers tout le pays. «Ceux qui ne sont pas sourds doivent pouvoir communiquer avec nous dans la langue des signes, déclare une dame devenue sourde dès l'âge de quatre ans à la suite d'une fièvre. Le président de la République, les ministres, les parlementaires...doivent apprendre à communiquer avec nous. Nos chaînes de télévision doivent aussi penser à faire interpréter leurs éditions de nouvelles en langue des signes.»
Les sourds comme toutes les autres catégories sociales du pays sont frappés de plein fouet par le chômage qui sévit dans le pays. La sous-traitance, en perte de vitesse depuis des années, est le seul secteur qui s'ouvre jusqu'ici aux handicapés auditifs. Cependant, les conditions de travail laissent à désirer. «Certaines usines de l'aéroport préfèrent engager les sourds parce qu'ils ne peuvent pas parler pour revendiquer leurs droits, dénonce un responsable du CAPPA-Sourds-Haïti. N'ayant pas d'autres choix, ils sont contraints de se laisser exploiter.»
« Je travaille dans une usine de sous-traitance à l'aéroport. Mon salaire ne me permet même pas de répondre aux besoins les plus élémentaires de mes deux enfants. Les autorités doivent se pencher sur notre situation », déplore une dame ayant des problèmes auditifs.
En démocratie, pas de citoyens de 2e catégorie
« La société haïtienne dans toutes ses composantes doit réfléchir sur les solutions à apporter aux problèmes des sourds et des handicapés en général. Si nous voulons qu'Haïti soit un pays démocratique, nous devons commencer par considérer ceux qui vivent avec une déficience physique comme des citoyens à part entière », a indiqué le doyen de la faculté d'Ethnologie, Yves Dorestal.
Après avoir passé en revue les différents problèmes des sourds, le professeur Dorestal a plaidé en faveur de leur intégration dans la société. « Il faut des lois qui les protègent», a-t-il réclamé. Son intervention traduite en langue des signes par un membre du CAPPA a été très appréciée par les dizaines de sourds présents.
Le recteur de l'Université d'Etat d'Haïti (UEH), Pierre-Marie Paquiot, est lui aussi du côté des handicapés auditifs. « Je suis très bien placé pour comprendre votre situation pour avoir été handicapé pendant six mois », a expliqué le professeur Paquiot sans rappeler les circonstances dans lesquelles il avait failli perdre ses deux jambes. Il a ajouté : « Etant recteur de l'UEH, j'avais trouvé toute l'aide nécessaire. Je pense donc à vous et aux milliers d'autres que la société veut oublier. »
Pierre Marie Paquiot a, par ailleurs, déploré le fait que les handicapés haïtiens sont délaissés et vivent dans la pauvreté. « La pauvreté est aussi un handicap. Donc, un handicapé qui ne peut pas répondre à ses besoins est doublement handicapé », a-t-il regretté avant d'inviter toutes les instances du pays à donner la main à nos frères et soeurs vivant avec une déficience physique ou mentale.
Spécialistes de l'hypoacousie, professeurs d'université, hommes de loi... ont de leur côté plaidé en faveur d'une politique de prévention de la surdité.
Ils ont notamment dénoncé l'absence totale de régulation du bruit dans notre pays. Personne ne semble s'en soucier : les tap-tap qui vomissent leurs décibels sur tout leur parcours, près des hôpitaux, haut-parleurs qui beuglent dans la nuit, voitures et camions au silencieux défoncés qui font un bruit d'enfer, génératrices, klaxons...
L'automédication, phénomène courant en Haïti, a été présentée par certains comme responsable de bon nombre de cas de surdité. «Les médicaments contre la méningite, la malaria et autres maladies doivent être recommandés par un médecin,. La plupart des médicaments employés dans le traitement de ces maladies ont des effets néfastes sur la santé », a précisé l'un des conférenciers.
Jean Pharès Jérôme
pjerome@lenouvelliste.com
Bertrand et Bernadette : la complicité d’un fils et de sa mère et un amour réciproque.
Un sourd et un muet décroche leur licence avec mention assez bien
Bertrand Gonthier, 22 ans, originaire de Champ-Borne, fait la fierté de sa famille. Il vient de décrocher sa licence de physique avec mention assez bien. Il représente un espoir pour tous les sourds et muets dont son petit frère Guillaume. “Il ne faut jamais baisser les bras”, a indiqué le jeune homme, dans le langage des signes, devant les caméras de Télé Réunion où il travaille pour le journal des sourds et malentendants.
Un père poignardé par son fils
Agé de 33 ans, le fils est sourd-muet. C'est au cours d'une altercation avec son père lundi soir qu'il s'est saisit d'un couteau et a frappé celui-ci à plusieurs reprises.
C'est le choc à la section Lasserre à Morne-à-l'eau. Lundi en début de soirée, un jeune homme, sourd et muet et connu du quartier est entré dans une colère telle qu'au cours d'une dispute avec son père il l'a agressé au couteau.
Il a poignardé son géniteur à plusieurs reprises, à l'abdomen, l'atteignant notamment au foie.
Ce sont des membres de la famille qui ont réussi à maîtriser le jeune homme, avant de prévenir les secours.
Les pompiers ont transférés la victime dans un état grave au CHU de Pointe-à-pitre Abymes.
Quant au fils agresseur, il a été interpellé par la gendarmerie et placé en garde à vue. Il doit être présenté au parquet aujourd'hui.
Publié le : 09/05/2007 05:23
Auteur : Albert Philippe
http://www.domactu.com
Pas de résultats locaux avant 22 heures sur l’île et donc des télés contraintes d’annuler leurs soirées, au détriment de l’information des citoyens. Dans le même temps, contournant la loi française, des estimations nationales tomberont dès 20 heures sur des sites Internet basés à l’étranger... Une société suisse propose même d’envoyer un SMS surtaxé à ceux qui le souhaitent... Le tout alors que La Réunion a été privée hier de France Inter sans aucune raison. Voilà la grande foire médiatique d’un week-end d’élection à la française.
Le même sketch médiatique va se reproduire. Comme pour le premier tour, la législation en vigueur interdit à quiconque de publier les premières estimations des élections présidentielles avant la fermeture des derniers bureaux de vote métropolitains à 22 heures (heure locale), sous peine d’être sanctionné d’une amende de 75 000 euros par infraction constatée. La commission nationale contrôlant la campagne ont d’ailleurs réitéré jeudi leur mise en garde, avertissant que tout manquement sera poursuivi. Elle indique que “la diffusion et le commentaire, sur l’ensemble du territoire de la République, par quelque moyen que ce soit”, des sondages sortie des urnes ou estimations, et même de “simples tendances”, sont interdites jusqu’à cette heure. De même, la diffusion de sondages est proscrite depuis vendredi minuit jusqu’à dimanche 20 h. Et de rappeler, à l’attention des blogueurs récalcitrants, que cette interdiction s’impose aux télés et aux radios mais aussi “à toute personne qui aurait recours à un procédé de communication au public par voie électronique”. Pour le premier tour, la plupart des blogueurs avaient finalement renoncé, mais la loi française s’est révélée impuissante face à la démocratisation d’Internet. Des résultats de sondages et d’estimations ont ainsi été disponibles en toute légalité sur les sites de plusieurs médias étrangers, notamment francophones, suisses et belges en tête. Rappelons que 70% des bureaux de vote du pays ferment à 20 heures (heure locale). Le soir du premier tour, certains sites (rtl.be, romandie.com, tsr.ch) ont d’ailleurs cessé de fonctionner, submergés par le nombre très important de connexions simultanées. Cette fois, ces mêmes sites ont semble-t-il anticipé la montée en charge de nouvelles connexions pour le second tour, romandie.com prévoyant par exemple plus de 500 000 visites en quatre heures.
UBUESQUE
Mais d’autres sociétés ont décidé de surfer sur la vague en lançant un service SMS surtaxé pour recevoir, dès 20 heures (heure locale), les résultats de sondages “sortie des urnes”. C’est le cas de la société genevoise Echovox, un prestataire de services mobiles suisse. Son service sera accessible aux Suisses... mais également aux Français.Les personnes intéressées doivent laisser, sur le site spécialement mis en place par la société (www.presidentielles.com), leur numéro de mobile. Elles recevront ensuite un code d’accès, à envoyer à un numéro court. Elles accéderont alors à une page Wap, qui leur donnera le choix entre le téléchargement d’un logo avec le visage de Nicolas Sarkozy ou celui de Ségolène Royal, un prétexte pour facturer son service, soit 1,50 euro. Ils recevront ensuite un message avec les pourcentages des deux candidats, et précisera la marge d’erreur si le score est serré. L’entreprise prétend aussi vouloir participer à la« polémique » sur l’interdiction légale faite en France de publier les estimations avant 20 heures (heure de métropole). Une réglementation jugée surprenante par certains de l’autre côté des Alpes. Reste à savoir dans quelle mesure ce service pourra être utilisé légalement par les Français et comment pourront réagir les opérateurs mobiles nationaux, qui peuvent tout à fait mettre leur véto sur l’utilisation d’un tel numéro SMS+. Mais autant dire que l’ubuesque législation française sert au moins à une chose : enrichir des sociétés étrangères.
Le programme des médias locaux
Télés
- RFO. Deux flashs spéciaux de dix minutes sont prévus le dimanche à 10 heures et à 18 h 30, en plus des journaux du midi et du soir en direct de sept mairies de l’île. La chaîne basculera dès 21 h 50 sur France 2 pour la grande soirée électorale nationale. Des bandeaux diffuseront les résultats locaux en bas de l’écran. Ceux-ci seront commentés de façon approfondie dès 6 heures le lundi, avec un journal spécial de 45 minutes (reportages de la soirée dans les QG et les communes) dont un direct ambiance depuis le café dionysien Le Rallye. Suivra à 8 heures un autre journal de 20 minutes traduits en langue des signes, avant un journal de 45 minutes à 12 h 30 dont un face-à-face PS-UMP. À 19 h 30, le journal durera une heure et quart, avec un plateau de personnalités politiques locales. Un Télépéi spécial élections clotûrera la soirée.
- Antenne Réunion. Même structure que le 22 avril. Dimanche, une grande page spéciale sera consacrée à l’élection dans le journal de 19 heures TF1 prendra le relais à 20 h 50 pour un flash sur les estimations de participation, avant la grande soirée électorale nationale de 21 h 40 à une heure du matin. Des bandeaux afficheront les résultats locaux. Le lendemain à 7 heures, un flash spécial sera consacré aux résultats locaux. Un flash national de TF1 sera diffusé à 9 heures Les journaux seront allongés, avec des éditions spéciales d’une quarantaine de minutes à midi, et d’une cinquantaine de minutes à 19 heures.
Radios
- RFO radio. Dimanche, un point sera fait dans les communes toutes les heures depuis 8 heures jusqu’au journal de 12 heures Des flashs spéciaux sur la participation locale sont prévus à 14 heures, 15 h 45 et 16 h 45, et à 18 heures avec des reporters dans chaque commune.France Info prendra le relais à 13 heures et à 15 heures, puis à 22 heures pour la soirée électorale nationale. La radio locale reviendra le lundi dès 5 heures du matin, avec des invités réunionnais qui se succéderont en direct.
- Radio Est Réunion. Comme pour le premier tour, RER a prévu cinq heures de direct de 18 heures à 23 heures le dimanche. Trente personnes sont mobilisées dans toutes les communes pour annoncer et commenter le taux de participation, l’ambiance, les résultats et les réactions.
- Free Dom. La radio suivra les résultats commune par commune en direct durant toute la soirée, avec des décrochages nationaux réguliers sur Europe 1. Sy.A. (avec AFP)
Résultats locaux : rien avant 22 heures
Par une circulaire préfectorale datée du 12 avril, les vingt-quatre maires réunionnais ont reçu l’ordre de ne communiquer “aucun résultat, partiel et définitif” au public ou à la presse, “avant la fermeture du dernier bureau de vote en métropole, soit 22 heures”. Fini donc les soirées électorales locales à 20 heures, comme ce fut le cas le 22 avril. Ce fut même pire que cela, puisqu’un problème dans un bureau de vote dionysien avait entraîné le report de l’annonce des résultats officiels peu avant minuit... Cette fois-ci, elle devrait bien intervenir à 22 heures. Quoi qu’il en soit, cette rétention de résultats, qui empêche de fait une bonne information des citoyens, irrite nombre d’entre eux, qui mettent en avant l’article R69 du code électoral. Celui-ci stipule que les résultats doivent être proclamés publiquement et affichés dès l’établissement du procès-verbal récapitulatif. Or la circulaire est de nature à exiger des maires une communication très précautionneuse avec la seule préfecture...
Écran noir aux Antilles, pas de France Inter à La Réunion
Les Antilles, la Polynésie, la Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon votant aujourd’hui, ils ont été privés d’info politique plus tôt que les autres. L’interdiction de parler politique 24 heures avant le jour du scrutin a entraîné la suspension dès vendredi minuit aux Antilles (8 heures, heure locale), de la diffusion des radios et télévisions métropolitaines d’information continue. Un écran noir sur le satellite et, sur le câble, une chaîne normalement proposée en option, remplacent les émissions de LCI, i-Télé et TV5 Monde, ainsi que celles de France Info. À La Réunion, cette interdiction, qui a commencé à minuit la nuit dernière, devait entraîner la suspension de la diffusion des médias métropolitains entre minuit et 2 heures du matin, le temps d’attendre que l’interdiction prenne effet en métropole avec le décalage horaire. Radio Free Dom ainsi dû se passer d’Europe 1 durant deux heures, comme la veille du premier tour. Mais les auditeurs réunionnais de France Inter, diffusée via RFO 2, ont eu la désagréable surprise d’être privée de leur radio durant toute la journée d’hier... jusqu’à 2 heures du matin cette nuit. Explication : lors du premier tour, les radios des DOM votant le samedi n’avaient, ne semble-t-il pas, toutes fermé le réseau France Inter, enfreignant ainsi la loi. Cette fois, la fermeture est intervenue techniquement depuis Paris, et comme il s’agit du “même tuyau”, La Réunion s’est retrouvée sans France Inter dès vendredi minuit, radio à laquelle elle avait pourtant droit jusqu’à ce samedi minuit ! À la place, les auditeurs n’ont rien eu d’autre que de la musique en continu, ce qui est très utile pour s’informer en pareille circonstance...
Avec les mains, la parole ou le pinceau, Annick Herlaut, enseignante de langue des signes française, apprend aux sourds à s’exprimer. Et c’est auprès des jeunes Calédoniens que cette femme, sourde de naissance, aime pratiquer son métier.
Elle lit sur les lèvres, s’exprime avec les mains. Et pourtant, malgré son handicap, Annick Herlaut a aussi appris à parler. Car pour cette femme, sourde de naissance, « l’important est de sortir de l’isolement ». C’est donc, tout naturellement, aujourd’hui, qu’elle enseigne la langue des signes française (LSF) auprès des jeunes du territoire.
« Malgré mon handicap, j’ai toujours évolué dans un milieu ordinaire. Comme ma mère et ma fille, je possède ce mauvais gène. Mais lorsque l’on est pris en charge très tôt, on vit avec. D’ailleurs, ma fille suit une scolarité normale, elle est même en master de droit à l’université. » Une fierté, pour cette femme au regard pétillant qui s’est avant tout investi dans sa vie familiale. « J’ai voulu être disponible pour l’éducation de mon enfant. Du coup, je n’ai pas travaillé pendant plusieurs années. Ce n’est que plus tard, en 1987, que j’ai commencé ma vie professionnelle. »
Et c’est auprès des handicapés qu’Annick Herlaut a trouvé sa voie. Dans une école maternelle, elle devient auxiliaire d’intégration scolaire pour enfants trisomiques. Les années s’enchaînent et en 1993, elle devient enseignante de LSF. « Il y a un réel besoin de prise en charge des sourds en Nouvelle-Calédonie. L’an dernier, j’ai pu former quatre sourdes pour qu’elles puissent, elles-mêmes, enseigner la langue. L’une vient de province Nord, deux des îles et la dernière de Nouméa. Leur formation continue cette année et se terminera l’année prochaine. C’est une première ici. »
Depuis 2003, elle enseigne aussi sa langue auprès des jeunes des ateliers pédagogiques personnalisés. Une petite dizaine de personnes, toutes origines confondues, participe quotidiennement à la séance. « Je leur apprends la langue, bien sûr, mais je les aide aussi pour rédiger des CV, accomplir des taches administratives. Je leur communique ma passion pour la peinture et le dessin. Pour moi, c’est une autre forme de communication. »
Avec ou sans crayon, cette femme n’aspire qu’à partager ses émotions. « L’une de mes plus grandes joies, c’est la rencontre avec l’actrice sourde Emmanuelle Laborit. Elle est venue en Nouvelle-Calédonie en 1994, à l’occasion de notre colloque sur la surdité. Ce fut une grande rencontre, une belle discussion. »
Handisport : regroupement d'athlétisme à Champ Fleuri
Avec pour objectif de remporter pour la troisième fois les médailles d’or du 1 500 m fauteuil et du 200 m non-voyant aux jeux des îles, le comité régional handisport a organisé un regroupement athlétisme élargi à tous les pratiquants de cette discipline dans le cadre de la préparation des athlètes samedi 28 avril 2007 à Champ Fleuri.
Dix-neuf athlètes ont répondu. Les jeunes de l’association des handicapés physiques du sud (Saint-Pierre) montrent leur volonté de relever le flambeau face aux « anciens ». Toutes les catégories étaient représentées : fauteuil, debout, non voyant et sourd et muet. Les sportifs de cette dernière catégorie vont intégrer la fédération française handisport très prochainement.
La matinée a été l’objet d’une prise de contact entre les membres présents et d’une discussion sur les objectifs du comité régional handisport en matière de politique du développement des activités de loisirs et du sport de haut niveau avec en ligne de mire une forte délégation l'échéance 2008.
L’après-midi a été consacré aux lancers, poids et javelot, sous la houlette de Jessie Ferrère qui a vu “un gros potentiel à développer”. Le groupe fauteuil et handicapé sensoriel a travaillé la résistance sur la piste.
Le président du CRH, Alexandre Bodzen, a tout lieu d’être satisfait « de cette forte partici-pation qui montre l’intérêt des licenciés à participer à la vie du groupe et de son élargisse-ment puisque des nageurs et des basketteurs sont également présents ». « A Madagascar, les médailles d’or seront difficiles à remporter chez les hommes » souligne Annick Amacouty la directrice technique régionale de la FFH pour l’océan Indien. « Nos amis mauriciens et malgaches mettent toute leur énergie à l’entraînement pour figurer en haut du podium des courses handisport. Pour eux, le handisport à besoin de cette reconnaissance des Jeux pour prendre de l’essor ». De leur côté, les athlètes “apprécient” cette journée “où on travaille et où l’on apprend” comme le confie Pascal Corré.
Reste que faute de transport le week-end, de jeunes espoirs en fauteuil roulant ne peuvent effectuer le déplacement. Une occasion pour remettre sur le tapis un vieux dossier de centre d’entraînement Handisport à Saint-Denis. D’ailleurs le CREPS construit trois chambres accessibles pour les personnes à mobilité réduite.