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Annick Herlaut : Communiquer à tout prix - Nouvelle Calédonie (DOM - TOM)

Annick Herlaut : Communiquer à tout prix

Nouméa

Avec les mains, la parole ou le pinceau, Annick Herlaut, enseignante de langue des signes française, apprend aux sourds à s’exprimer. Et c’est auprès des jeunes Calédoniens que cette femme, sourde de naissance, aime pratiquer son métier.

Elle lit sur les lèvres, s’exprime avec les mains. Et pourtant, malgré son handicap, Annick Herlaut a aussi appris à parler. Car pour cette femme, sourde de naissance, « l’important est de sortir de l’isolement ». C’est donc, tout naturellement, aujourd’hui, qu’elle enseigne la langue des signes française (LSF) auprès des jeunes du territoire.
« Malgré mon handicap, j’ai toujours évolué dans un milieu ordinaire. Comme ma mère et ma fille, je possède ce mauvais gène. Mais lorsque l’on est pris en charge très tôt, on vit avec. D’ailleurs, ma fille suit une scolarité normale, elle est même en master de droit à l’université. » Une fierté, pour cette femme au regard pétillant qui s’est avant tout investi dans sa vie familiale. « J’ai voulu être disponible pour l’éducation de mon enfant. Du coup, je n’ai pas travaillé pendant plusieurs années. Ce n’est que plus tard, en 1987, que j’ai commencé ma vie professionnelle. »
Et c’est auprès des handicapés qu’Annick Herlaut a trouvé sa voie. Dans une école maternelle, elle devient auxiliaire d’intégration scolaire pour enfants trisomiques. Les années s’enchaînent et en 1993, elle devient enseignante de LSF. « Il y a un réel besoin de prise en charge des sourds en Nouvelle-Calédonie. L’an dernier, j’ai pu former quatre sourdes pour qu’elles puissent, elles-mêmes, enseigner la langue. L’une vient de province Nord, deux des îles et la dernière de Nouméa. Leur formation continue cette année et se terminera l’année prochaine. C’est une première ici. »
Depuis 2003, elle enseigne aussi sa langue auprès des jeunes des ateliers pédagogiques personnalisés. Une petite dizaine de personnes, toutes origines confondues, participe quotidiennement à la séance. « Je leur apprends la langue, bien sûr, mais je les aide aussi pour rédiger des CV, accomplir des taches administratives. Je leur communique ma passion pour la peinture et le dessin. Pour moi, c’est une autre forme de communication. »
Avec ou sans crayon, cette femme n’aspire qu’à partager ses émotions. « L’une de mes plus grandes joies, c’est la rencontre avec l’actrice sourde Emmanuelle Laborit. Elle est venue en Nouvelle-Calédonie en 1994, à l’occasion de notre colloque sur la surdité. Ce fut une grande rencontre, une belle discussion. »

Virginie Grizon
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2007/05/03 20:40 - BB