Ils sont environ 130 enfants et adolescents fréquentant les deux institutions spécialisées pour mal-entendants. A Curepipe, l’Association des parents de déficients auditifs (APDA) se bat pour apporter un mieux dans la vie de ces jeunes. A Beau-Bassin, l’école des sourds milite aussi pour réhabiliter ces jeunes dans la société mauricienne. Ceux qui oeuvrent autour d’eux font appel à la compréhension des uns et des autres. «La surdité est un handicap extrêmement lourd. Ils sont totalement coupés du monde extérieur, mais leur entourage a tendance à banaliser cela», regrette une enseignante qui compte plus d’une vingtaine d’années d’expérience dans le domaine. Elle souhaite que les autorités établissent un programme adapté à leurs besoins. Ils sont maintenant pris dans l’engrenage des examens du CPE, mais ils sont nombreux à ne pas suivre ce programme. S’ils ont l’occasion de faire des travaux manuels, ils pourraient obtenir un emploi et percevoir un salaire.
Zaynab aux examens du CPE
Zaynab Oderuth a 13 ans et fréquente l’école des sourds de Beau-Bassin. Tous les jours, elle quitte la localité de Pamplemousses pour étudier. Le mois prochain, elle prendra part aux examens du CPE et souhaite les passer. Grâce aux signes, elle a pris goût à la lecture et découvert de nouvelles choses.
Dans le passé, l’adolescente fréquentait l’école primaire de sa région. C’est en 2004 qu’elle s’est inscrite à l’école des Villes-Soeurs. Elle doit beaucoup à ses parents qui acceptent son handicap. Elle déplore toutefois le reagard des autres, surtout dans le bus, peut-être à cause de son appareil auditif.
Chez elle, elle ne rencontre aucun problème pour se faire comprendre. Lorsqu’on lui confie des tâches ménagères et quand parfois elle cuisine, elle se tire d’affaire grâce aux signes et en remuant les lèvres.
Brinda Boojhawon, son enseignante, confie qu’elle aime bien la compagnie de ses sept élèves. «Lorsque j’ai commencé à travailler avec les enfants sourds, il y a 11 ans, c’était difficile. J’ai vite appris à les comprendre et à les aimer comme mes propres enfants. Il faut beaucoup de patience et surtout beaucoup d’amour. Ces enfants ont besoin d’une attention personnalisée.» Chaque jour, l’enseignante se fait un devoir de suivre l’actualité. «Les enfants regardent les informations à la télévision, lisent les journaux et me posent des questions sur des sujets qui ont retenu leur attention. Ils observent beaucoup, possèdent une grande mémoire visuelle et ont beaucoup d’énergie à dépenser. Ils font d’ailleurs beaucoup d’activités sportives comme la natation, le tennis de table et le judo, entre autres. »
Leur surdité ne les empêche pas de vivre une vie familiale épanouie.Josian et Irani, le couple du silence
Josian et Irani sont ensemble depuis deux ans. Malentendant de naissance, ce couple vit le parfait amour. Ce qui frappe au premier abord, c’est la complicité et l’entente
qui règnent au sein de ce couple. Ils sont très autonomes et connaissent les mêmes joies et soucis que les couples normaux.
En janvier dernier, Irani met au monde Mathilde, une petite fille adorable qui n’a aucun handicap. Ce bébé fait la joie des parents et aussi celle des grands-parents qui habitent à côté. A sa naissance, le problème se posait pendant la nuit. Lorsque le nourrisson pleure, le couple n’entend pas et ce sont les parents de Josian qui viennent à la rescousse.
Les deux tourtereaux mènent une vie normale sauf qu’ils sont malentendants. Josian est employé dans une usine qui fabrique des bateaux en fibre de verre à Pointe-aux-Sables. Il est très populaire et aime bien la compagnie des autres. Il sait même conduire et adore les beaux paysages de son île natale. Il a même visité plusieurs pays. Le jeune homme a une mémoire d’éléphant qui lui permet de tout mémoriser. Lors des festivités de l’Indépendance, il a raconté l’histoire de Maurice en langue des signes à la télévision. Depuis 2003, Irani est, elle, enseignante à l’école des sourds. Tous les lundis, elle se rend également à l’APDA. Elle collabore aussi au journal télévisé en langue des signes. Elle a aussi suivi des cours de français à l’Alliance française de Bell-Village. A la maison, c’est une épouse dévouée et débrouillarde. Méticuleuse, elle fait son ménage et s’occupe de son bébé. De son côté, Josian s’attelle aux travaux de finition de leur petite maison. Très modeste, il nous montre les petits travaux qu’il a réalisés. Grâce à l’informatique devenue partie intégrante de leur vie, ils sont en constante communication avec leurs semblables.
Josian et Irani se sont connus à l’école des sourds alors qu’ils étaient jeunes. Puis, chaque samedi, ils se voyaient durant des rencontres au collège St Mary’s. Chacun a connu un premier mariage qui a mal tourné. Josian est père d’un fils, Achille, issu de son premier mariage.
Ils ont choisi de mettre ce mauvais épisode au placard, préférant vivre la vie au présent et se consacrer à leur avenir.
Semaine des sourds
Chaque année, la Semaine des sourds est célébrée au niveau international durant la dernière semaine du mois de septembre. Une panoplie d’activités est prévue pour les malentendants. La Société pour le bien-être des sourds, située à Beau-Bassin, a fait des causeries sur le sida et l’importance des appareils auditifs. Les enfants de l’école des sourds qui ont des problèmes de vue, ont reçu des verres du Rotary Club de Curepipe.
Ce lundi, l’APDA organise une activité à la mairie de Curepipe. La soixantaine d’élèves se produiront ensuite à l’occasion d’un spectacle culturel. L’état actuel du bâtiment où ils se trouvent est dans un état lamentable. Les responsables recherchent le financement adéquat pour construire un nouveau bâtiment dans la région d’Icery, à Curepipe, où ils ont acquis un terrain.
L’association mise sur l’éducation et l’encadrement des enfants sourds pour les aider à trouver un emploi.
Certains font déjà leurs preuves dans les hôtels. « Il est malheureux de constater que beaucoup sont au chômage », explique la secrétaire, Mariam Sumun. « La communication étant un problème fondamental, ces jeunes sont contraints de rester chez eux. Ce serait un avantage si les employeurs pouvaient leur faire de la place. »
Sourds Productions présente “Les créoles sourds en Australie”
A l’occasion de la 15ème Journée mondiale des sourds, l’association Deafrun-Sourds Productions présente un film documentaire produit par les sourds eux-mêmes : “Les créoles sourds en Australie”. Dans le cadre d’un voyage d’étude en Australie, ils se sont livrés à une comparaison des façons de vivre la surdité à La Réunion et en Australie, ils ont croisé les regards des professionnels des deux pays, et identifié les points communs et différences en matière de citoyenneté. Un documentaire d’une heure réalisé par Pascal Smith, et diffusé samedi soir au Ciné Cambaie.
Les sourds représentent 128 millions de personnes dans le monde. La "World Federation of the Deaf" a créé la Journée mondiale pour sensibiliser la population à la surdité, faire évoluer les mentalités, promouvoir les activités des associations et attirer l’attention des pouvoirs publics.
Sourds Productions réalise des manuels pédagogiques pour le langage des signes, des films documentaires et des émissions de télévision accessibles aux personnes sourdes, notamment le “Info Soirée” de Télé Réunion pour les personnes sourdes. Le film “Les créoles sourds en Australie” a été réalisé avec le soutien de la Région et du Département.
Etalée sur une semaine, la 15ème journée mondiale des sourds est célébrée depuis lundi dans la salle polyvalente de la mairie de Saint-Denis. Une animation à l’initiative de l’association des sourds de la Réunion, forte aujourd’hui de plus de 200 membres, en partenariat avec Deafrun, l’institut des hautes études en sciences sourdes. Le but de l’opération est de sensibiliser le public à la vie quotidienne des personnes sourdes. A travers l’opération, les organisateurs visent également les pouvoirs institutionnels et invitent les sourds à ne pas “baisser les bras” dans le cadre de lutte contre l’inégalité des droits humains et civiques qui, disent-ils, “est encore d’actualité”. Pour toucher le plus grand nombre, l’association des sourds de la Réunion (ASR) présidée par Jean-Pierre Clain, propose donc une exposition résumant les cinquante ans de la communauté sourde de l’île et intitulée “Notre fierté d’être sourd(e)”. Un premier tableau rappelle les difficultés d’intégration d’une personne sourde. “Avant 1956, la plupart des sourds-muets sont considérés comme les idiots du village. Ils connaissent l’isolement et le rejet”, peut-on y lire. Grâce à la création de la première école pour sourd et muet en 1956, leur situation évolue. Mais aujourd’hui encore la question se pose : les sourds deviennent-ils des citoyens à part entière ? A travers les différentes affiches, le public peut découvrir ensuite la mise en place du centre de la Ressource, la vie dans cet établissement des hauts de Sainte-Marie, l’éducation qui y est dispensée, les actions de l’ASR… La journée mondiale des sourds s’achèvera ce samedi avec une manifestation dans les rues de Saint-Denis et la projection d’un film documentaire produit par Deafrun, sourds productions
http://www.clicanoo.com
CLICANOO.COM | Publié le 25 septembre 2008
DANS quelques heures commenceront les Jeux Olympiques, gigantesque rendez-vous planétaire de sportifs et de téléspectateurs.
Dans quelques jours, la flamme au parcours mouvementé sera transmise à l’Angleterre, marquant ainsi la fin des Jeux chinois. Débuteront alors les Jeux "paralympiques", où les athlètes "handicapés" s’affronteront sur les mêmes pistes, dans les mêmes stades et les mêmes piscines que les "valides".
Mais forcément, il y aura moins de médias, beaucoup moins de retransmissions et donc beaucoup moins de public pour regarder ceux qu’on appelle avec une gentille élégance les « porteurs de handicap, personnes à mobilité réduites ou déficients sensoriels ».
Dommage, car on aurait pu admirer des sourds-muets au concours d’équitation, des unijambistes sur le 200 m nage libre, des amputés pédaler sur les vélodromes, des aveugles courir le 500 m et des équipes en fauteuil roulant s’affronter pour la finale de handball.
Pourtant, plus que tout autres les athlètes forcent l’admiration. Ils ne partent pas avec la chance supplémentaire d’un talent donné par la nature pour devenir des champions. Ils partent à l’inverse d’une malformation de naissance, d’un accident de vie pour construire sur la douleur physique et morale le dépassement d’eux-mêmes.
Il est regrettable que ces grands sportifs ne soient pas intégrés aux Jeux "normaux", alors que dans la majorité des épreuves on sait organiser des catégories féminines et masculines à partir d’une différence de capacité physique admise par tous.
Si le sport et l’olympisme sont porteurs des meilleures valeurs que l’homme recèle en lui, alors on peut rêver, on peut même espérer que les jeux paralympiques soient un jour intégrés au programme officiel des autres disciplines et fondus dans le calendrier normal des épreuves en précisant les catégories suivantes ; hommes, femmes, handicapés.
Il s’agit d’éduquer le regard qu’on porte sur ceux qui ne sont pas dans le standard et la normalité, sans voyeurisme et sans compassion.
Bien sûr, on opposera à la générosité de l’idée la complexité de l’organisation, l’allongement de la durée des jeux, mais comme certains ont su dépasser leur handicap et transcender leur différence, on doit pouvoir surmonter ces problèmes logistiques pour peu qu’on en impose la volonté.
Il faut croire qu’un jour prochain, dans quatre ans, dans huit ans, dans douze ans, le comité d’organisateur des jeux olympiques s’attachera à valoriser dignement ces sportifs qui tout en étant diminués sont pourtant plus grands que nous tous.
Si la création des jeux paralympiques a été une première étape du droit à la différence, leur disparition sera le droit à l’indifférence, dernière étape d’une parfaite acceptation.
Alors ce jour-là, dans mon fauteuil, avec ou sans roulettes, valide ou handicapé, je regarderai les jeux des hommes, de tous les hommes...
Cinq personnes sourdes menacent d’entamer une grève de la faim aujourd’hui à Paris pour sensibiliser les pouvoirs publics sur le sort de leur communauté et réclamer un meilleur enseignement de la langue des signes, a annoncé l’organisation Opération de sauvegarde des sourds.
Cinq personnes, une femme et quatre hommes âgés de 20 à 50 ans, vont entamer cette grève dans un lieu de la capitale qui sera précisé ultérieurement, a dit Laetitia Carton, qui se présente comme une «porte-voix» de l’opération. «En dépit des luttes menées, la situation générale des sourds en France n’a pas véritablement évolué : ils ont énormément de mal à communiquer avec les entendants, à être informés de ce qui se passe dans le monde et leur éducation laisse gravement à désirer», écrit l’association dans un communiqué. Les grévistes, qui ont écrit au président Nicolas Sarkozy, demandent la création d’un Observatoire des affaires sourdes ainsi que l’application de la loi du 11 février 2005 qui donne la possibilité aux parents de faire scolariser leur enfant sourd dans une école bilingue (langage des signes et français écrit).
LES DEFICIENTS AUDITIFS A LA REUNION
Les apports de l’enquète HANDICAPS - INCAPACITES - DEPENDANCES à La Réunion
Article publié le mardi 27 mai 2008.
Prévalence de la déficience auditive
- Environ 34 000 déficients auditifs sur l’île.
Les résultats de l’enquête HID, extrapolés à l’ensemble de la population réunionnaise ont permis d’estimer à environ 34 000 le nombre de déficients auditifs sur l’île, soit 44 déficients auditifs pour 1 000 habitants. En métropole, la population des déficients auditifs a été estimée à près de 5 200 000 personnes, soit un taux de 89 pour 1 000 habitants. Au niveau national, les estimations de prévalence de la déficience auditive extrapolées à partir de l’enquête HID sont cohérentes avec celles issues d’autres enquêtes.
L’écart important entre la situation régionale et celle observée au niveau national (taux divisé par 2) peut s’expliquer par plusieurs constats :
- résulter d’une surreprésentation des déficients intellectuels au détriment des autres déficiences.
- l’influence de la structure par âge sur les résultats : La Réunion a une population relativement plus jeune que celle de la métropole. Et les différentes études épidémiologiques ont déjà montré la survenue plus fréquente des déficiences auditives chez les personnes plus âgées (à partir de 55-60 ans) ;
- le mode de recueil des données est basé sur des déclarations. Les résultats peuvent ainsi être sous-estimés ;
- la taille de l’échantillon : La faiblesse des effectifs, notamment pour la population des déficients auditifs qui correspond à une faible prévalence en population générale, peut altérer la précision des résultats.
- A La Réunion, 2 000 personnes seraient atteintes d’une déficience auditive profonde à sévère, ce qui représente 6% des déficients auditifs (part également retrouvée au niveau national). Ce sont les personnes ayant déclaré être dans l’incapacité totale à entendre une conversation même à l’aide d’un appareil auditif.
La répartition des déficients auditifs selon le degré de sévérité diffère fortement entre La Réunion et la métropole. Si en métropole, la déficience auditive légère à moyenne est de loin la plus fréquente (de manière concordante avec les autres études) ; la situation observée localement est toute autre. Le taux de prévalence des déficiences auditives légères à moyenne est quasiment divisé par 4 au niveau régional : 16 déficients auditifs légers à moyens pour 1 000 habitants sur l’île contre près de 60 en métropole.
Ce résultat révèle une forte sous-déclaration au niveau régional. Cela explique en partie, de manière mécanique, la plus faible prévalence retrouvée sur l’île. Il pourrait traduire le fait que la population réunionnaise serait beaucoup moins sensibilisée (absence de message de prévention) par les troubles de l’audition. Les Réunionnais pourraient ne pas se sentir concernés par des problèmes d’audition, ne pas s’en préoccuper ou ne pas faire contrôler leurs capacités auditives ou ne pas se considérer comme déficients auditifs. D’ailleurs, il est intéressant de noter que selon l’enquête « Baromètre audition », environ 29% des répondants ayant des difficultés à suivre ou à participer à une conversation systématiquement ou très souvent, ne considèrent pas avoir de difficultés auditives.
Ce constat pourrait également révéler une méconnaissance de la population sur la déficience auditive (diagnostic, correction de la déficience, conséquences à plus long terme, ...).
Prévalences estimées de la déficience auditive
La Réunion (HID 2004), Métropole (HID 1998-1999)
Réunion Métropole
Déficience auditive profonde ou totale
Effectif prévalent 2 013 302 900
Taux pour 1 000 habitants 2,6 5,2
Déficience auditive moyenne à sévère
Effectif prévalent 19 868 1 429 800
Taux pour 1 000 habitants 25,9 24,6
Déficience auditive légère à moyenne
Effectif prévalent 12 196 3 449 200
Taux pour 1 000 habitants 15,9 59,4
Ensemble des déficiences auditives
Effectif prévalent 34 077 5 181 900
Taux pour 1 000 habitants 44,4 89,2
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La compensation du handicap chez les déficients auditifs
- Les aides techniques sont dans l’ensemble peu utilisées sur l’île.
A La Réunion, le recours aux aides auditives est peu fréquent et concerne de manière quasi-exclusive les appareils auditifs. En effet, le recours au matériel audiovisuel est quasi-inexistant chez les déficients auditifs (1% de cette population).
En ce qui concerne les aides pour entendre, 7% des déficients auditifs réunionnais déclarent en utiliser (une ou plusieurs), ce qui représentent environ 2 milliers de personnes. Leur usage est proportionnellement plus fréquent en cas de déficience auditive moyenne à profonde (11% des personnes y ont recours) que chez les personnes ayant une atteinte légère à moyenne (2%).
Par ailleurs, les personnes âgées de 60 ans et plus utilisent plus fréquemment ce type d’aide que les personnes plus jeunes (9% des 60 ans et + contre 6% des moins de 60 ans).
- Les besoins non satisfaits sont nettement plus importants que les usages.
En effet, dans la région, 26% des déficients auditifs (plus de 11 000 Réunionnais) déclarent avoir besoin d’une aide pour entendre mais ne pas en posséder. Tous degrés de sévérité confondus, seuls 22% des besoins exprimés sont satisfaits. Le taux de satisfaction est plus élevé pour les déficiences auditives moyennes à profondes que pour les déficiences légères à moyenne (23% vs 14%). Le taux de satisfaction augmente également avec l’âge : près de 30% des besoins ressentis sont satisfaits chez les déficients auditifs âgés de 60 ans et + contre 15% avant cet âge.
En ce qui concerne le matériel audio-visuel, moins de 2% de la population des déficients auditifs déclarent en utiliser (moins de 500 personnes concernées). Toutefois près de 2 000 personnes (5% des déficients auditifs) en expriment le besoin. Le taux de satisfaction est de l’ordre de 24%.
En effet, les données nationales montrent que ces aides sont principalement utilisées par les personnes ayant une déficience profonde à totale ou une déficience moyenne à sévère : ces deux groupes de déficients représentant la grande majorité des utilisateurs (77%). Ce matériel adapté aux malentendants est utilisé par une population relativement âgée : les plus de 60 ans représentant plus de 64% des utilisateurs en métropole.
Le faible taux d’utilisation des aides auditives est retrouvé au niveau national.
Selon l’enquête HID nationale, le taux d’utilisation des aides pour entendre est de 13% et le taux de satisfaction approche les 40% des besoins. Les autres études sur le sujet font état d’un taux de l’ordre de 15 à 17% Les chiffres nationaux s’avèrent ainsi bien meilleurs que ceux présentés au niveau local.
Usage et besoins des différentes aides auditives déclarés (%)
La Réunion (2004), Métropole (1998-1999)
Usage déclaré [3] Besoin déclaré [4] Usage + besoin Taux de satisfaction des besoins [5]
Aide pour entendre
Réunion 7,4 26,0 33,4 22,1
Métropole 12,9 19,6 32,5 40,0
Matériel audiovisuel
Réunion 1,3 4,0 5,3 24,8
Métropole 2,3 3,1 5,4 42,0
Même si les déficients auditifs sont conscients de l’utilité de prothèses auditives, plusieurs freins peuvent expliquer cette faible utilisation des aides auditives, parmi lesquels on peut citer :
- le rejet psychologique : le port d’un appareil auditif, apparent et volumineux, peut s’avérer stigmatisant pour la personne concernée ;
- la mauvaise tolérance de l’appareil et les difficultés d’adaptation ou de manipulation pourraient expliquer également en partie un phénomène d’abandon de la part des déficients auditifs ;
- le coût de l’appareil constitue vraisemblablement un obstacle important dans le recours à une aide auditive.
Malgré un remboursement partiel de la sécurité sociale, la part à la charge de l’acquéreur reste élevée selon le type d’appareillage. Par ailleurs, la prise en charge des coûts liés aux soins auditifs n’est pas complète pour les bénéficiaires de la CMU (Couverture Maladie Universelle).
Pour les deux premières raisons évoquées, on tend vers une amélioration de la situation puisque les progrès réalisés ces dernières années ont permis la production d’appareils plus discrets, plus performants (bénéficiant de la haute technologie : systèmes numériques), offrant un plus grand confort. Par conséquent, ces appareils pourraient être mieux acceptés et tolérés.
Toutefois, les motifs évoqués ci-dessus présupposent la connaissance des techniques compensatoires au handicap auditif. Le recours peu fréquent à ce type d’aides techniques pourrait également s’expliquer par un manque d’information, une méconnaissances des possibilités d’appareillage et de leurs résultats, ou une faible motivation pour rechercher l’information concernant les aides permettant de répondre à une déficience spécifique, plus qu’à un besoin non ressenti. D’ailleurs plusieurs résultats vont dans ce sens. Les résultats nationaux montrent que le recours est plus fréquent pour les déficients auditifs se trouvant en institution et bénéficiant de conseils de spécialistes . Par ailleurs, au niveau local, une analyse de l’ORS sur les aides techniques et les aménagements du logements chez les adultes handicapés de 20 à 59 ans vivant en domicile ordinaire mettait en évidence que le recours aux aides techniques de manière générale était favorisé par la présence de professionnels parmi les aidants des personnes porteuses de déficiences.
- La langue des signes est très peu utilisée par les déficients auditifs.
Le recours à la langue des signes a pu être apprécié dans l’enquête HID. Les données recueillies ont permis de distinguer les personnes qui déclarent utiliser la langue des signes, celles qui déclarent la comprendre mais ne pas s’en servir et celles qui déclarent ne pas la connaître mais en avoir besoin.
A La Réunion, moins de 2% des déficients auditifs (550 personnes) déclarent utiliser la langue des signes. Par ailleurs, environ un millier de déficients auditifs déclarent connaître la langue des signes mais ne pas la pratiquer.
Ce très faible recours à la langue des signes est retrouvé au niveau national (moins de 1% la pratique).
- Le recours à la langue des signes variable selon l’âge.
La faiblesse des effectifs au niveau local ne permet pas d’analyse selon le sexe, l’âge ou le degré de sévérité de la déficience auditive. Toutefois, selon les données nationales de l’enquête HID, la pratique de la langue des signes concerne majoritairement les jeunes. Tous degrés de sévérité confondus, les moins de 60 ans représentent les ¾ des utilisateurs.
Différentes structures proposent sur l’île l’apprentissage de la langue des signes : l’ARPEDA et le centre de la ressource notamment (cf. rubrique « adresses utiles » p14 de l’étude).
Usage et besoins de la langue des signes (%)
La Réunion (2004), Métropole (1998-1999)
Usage déclaré [6] Besoin déclaré [7] Usage + besoin % de besoins déclarés satisfaits [8]
Réunion 1,6 4,5 6,1 35,7
Métropole 0,8 0,9 1,8 48,0
- A La Réunion, comme en métropole, la pratique de la langue des signes ne concerne pas uniquement les personnes ayant de déficiences auditives. Environ 3 000 personnes n’ayant pas de déficiences auditives déclarent utiliser la langue des signes, vraisemblablement pour communiquer avec un ou plusieurs proches, pour l’enseignement ou l’interprétariat ou pour d’autres raisons personnelles, sociales ou culturelles, ... En métropole, ce sont environ 75 000 personnes n’ayant pas de déficience auditive qui déclarent l’utiliser.
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Scolarité, emploi et reconnaissance administrative
L’enquête HID a permis également d’aborder la scolarité et la formation ainsi que la situation face à l’emploi.
- Un taux de scolarisation plus faible qu’en population générale.
A La Réunion, le taux de personnes non scolarisées est de l’ordre de 25% au sein de la population des déficients auditifs de plus de 6 ans, cette proportion est 5 fois plus importante que celle observée en population générale pour la même tranche d’âge (5%).
L’analyse locale sur la scolarisation des déficients auditifs a été limitée par la faiblesse des effectifs. Il n’y a pas d’autres résultats exploitables à partir des données de l’enquête HID Réunion. Toutefois, l’enquête nationale a permis de mettre en lumière les éléments suivants :
Les déficients auditifs âgés de 6-25 ans sont proportionnellement moins nombreux à suivre des études initiales que l’ensemble des jeunes du même âge ; les disparités augmentant avec le niveau d’étude.
De manière globale, sur l’ensemble des enfants et jeunes porteurs de handicaps, les données locales de l’Education Nationale illustrent bien ce constat : la plupart d’entre eux n’atteignent pas le lycée. Sur la rentrée scolaire 2004/2005, l’intégration scolaire des enfants et adolescents souffrants de handicaps concernaient principalement les enfants scolarisés en écoles primaires ; seuls 3% des jeunes scolarisés l’étaient au lycée.
Ce constat traduit effectivement un abandon de la scolarité importante dès l’âge de 16 ans (à l’entrée au lycée) qui pourrait être aggravé pour les jeunes déficients auditifs en raison des troubles du langage et de la parole entraînant des difficultés d’apprentissage et par conséquent peut-être plus d’échecs scolaires. Ces résultats posent la question du devenir des enfants déficients auditifs, et des enfants handicapés de manière plus large, sortis du système scolaire à partir de 16 ans ? Quelle prise en charge après la déscolarisation, quelle insertion professionnelle ?
- Très peu d’enfants ayant une déficience profonde à totale suivent des études, et notamment lorsqu’une déficience intellectuelle ou du psychisme est associée.
- Peu d’enfants scolarisés recevraient un enseignement adapté (9%), le constat s’aggrave avec l’âge.
Il est vrai que la prise en charge des jeunes scolarisés dans un milieu spécialisé, avec un enseignement adapté, est important pour ceux atteints de déficiences plus lourdes et ayant davantage de difficultés d’apprentissage. Toutefois, l’intégration en milieu ordinaire des jeunes déficient auditifs, dès le plus jeune âge (écoles maternelles ou primaires) peut favoriser l’intégration sociale et la réussite scolaire.
A La Réunion, on compte pour l’enseignement en intégration collective : 6 CLIS (Classe d’Intégration scolaire) dans les écoles primaires et 2 UPI (Unités d’intervention pédagogiques) dans les collèges, aucun enseignement adapté n’est actuellement prévu au lycée. Cette raison peut expliquer en partie l’abandon des jeunes porteurs de handicaps au lycée.
- La déficience auditive retentit sur les apprentissages scolaires que sont la lecture, l’écriture et le calcul.
A La Réunion, les déficients auditifs de plus de 6 ans sont nettement moins nombreux à maîtriser la lecture, l’écriture et le calcul que l’ensemble de la population générale. Le taux d’illettrisme concerne plus de la moitié des déficients auditifs de plus de 6 ans alors qu’il ne dépasse pas les 20% en population générale : proportion multipliée par 3 chez les déficients auditifs.
Par ailleurs, les données nationales de l’enquête HID, permettent de mettre en évidence que les déficients auditifs maîtrisent plus tardivement le langage écrit et le calcul que l’ensemble de la population et que ces difficultés d’apprentissages sont accentuées chez les jeunes ayant une déficience auditive profonde à totale ; le taux d’illettrisme variant sensiblement de 54% chez les jeunes déficients profonds ou totaux contre 25% chez les déficients moyens à sévères.
Il est également constaté au niveau national que les déficients auditifs terminent leurs études avec un niveau de qualification plus faible que l’ensemble de la population. Ce qui rejoint les constats évoqués plus hauts : les jeunes arrêtant souvent leurs études en cours de cursus (dès 16 ans). En effet, les jeunes déficients auditifs sont deux fois moins nombreux à atteindre le niveau « baccalauréat », et 3 fois moins à suivre des études supérieurs. Ces inégalités pourraient être la conséquence des retards d’acquisition du langage écrit et du calcul observé pour l’ensemble des déficients auditifs.
La Réunion accuse un certain retard par rapport à la métropole. De manière générale, notre région est caractérisée par un contexte éducatif moins favorable que celui de la métropole (taux de sortie plus élevé, taux de scolarisation et taux de réussite plus faibles, ...).
Les écarts observés entre La Réunion et la métropole dans l’enquête HID et de manière plus générale, s’expliquent, pour une partie, par des différences de contexte socioéconomique et social.
Maîtrise de la lecture, de l’écriture et du calcul chez les déficients auditifs (%) [9]
La Réunion (2004), Métropole (1998-1999)
Réunion Métropole
Savoir lire, écrire et compter couramment 47 83 88
Taux d’illettrisme 53 17 59
- Une plus grande difficulté à accéder à l’emploi.
L’existence d’un lien entre les problèmes de santé et les restrictions de participation à l’emploi est connue. Un problème santé de longue durée ou un handicap diminue presque par deux les chances de travailler, en tenant compte de l’influence de l’âge, du sexe, du diplôme et de la zone d’habitation. La reconnaissance administrative du handicap est encore plus pénalisante.
Les déficiences et surtout les incapacités majorent le risque de connaître une restriction de participation à l’emploi. En effet, le fait de déclarer, dans l’enquête HID, une incapacité sévère pour une ou plusieurs activités (beaucoup de difficultés ou besoin d’aide pour réaliser une activité considéré) multiplie par deux le risque de connaître une restriction de participation à l’emploi pour les personnes âgées de 20 à 59 ans vivant en domicile ordinaire.
Parmi les déficients auditifs âgés de 15 ans et plus, 40% sont retraités d’une activité salariée ou non salariée (63% en métropole). Cette proportion est nettement plus élevée que pour l’ensemble de la population réunionnaise (10%). Cette différence est vraisemblablement liée en partie au fait que les déficients auditifs sont majoritairement âgés de 60 ans et plus. Les écarts entre la région et la métropole sont probablement dus à des effets liés à l’âge : la structure par âge n’est pas comparable à La Réunion et en métropole.
Toutes déficiences auditives confondues, le taux d’emploi des déficients auditifs âgés de 20 à 59 ans est égal à 35%. Ce taux est bien inférieur à celui observé en population générale. Il est également bien en deçà de la proportion estimée au niveau national (67%).
Les données nationales de l’enquête HID montrent que le taux d’emploi est d’autant plus faible que la déficience est sévère. Cependant, ces restrictions de participation à l’emploi auxquelles sont confrontées les personnes déficientes auditives peuvent être liées, au moins en partie, à d’autres facteurs que la déficience auditive : problèmes de santé associés, déterminants sociaux, ... Il a été vu plus haut que 3 déficients auditifs sur 4 déclarent également une autre déficience associée.
A contrario, la part des inactifs est plus que multipliée par 4 chez les déficients auditifs : 29% contre 7%. Le taux de chômage (rapport entre le nombre de chômeurs et la population des chômeurs et des actifs) est également plus élevé chez les personnes atteintes de déficiences auditives, tous degrés de sévérité confondus (36% contre 33%).
Le taux de chômage chez les déficients auditifs en métropole ne dépasse pas les 10% (6%). Ces écarts Réunion/Métropole pour le taux d’emploi, et le taux de chômage s’inscrivent dans un contexte plus général où La Réunion est marquée par un fort taux de chômage comparativement à la situation métropolitaine (respectivement 29,1% à La Réunion en 2006 contre 9,8% en métropole en 2005).
A l’inverse du taux d’emploi, les données nationales mettent en évidence que les proportions d’inactifs et de chômeurs augmentent avec le degré de sévérité de la déficience auditive.
- Taux d’emploi, chômage et inactivité chez les déficients auditifs* et dans l’ensemble de la population*(%)
La Réunion (2004), Métropole (1998-1999)
Réunion Métropole
Déficients auditifs Population générale Déficients auditifs [11]
Taux d’emploi 35 52 67
Proportions de chômeurs [12] 20 24 4
Proportions d’inactifs [13] 29 7 15
A La Réunion, le chômage et l’inactivité chez les déficients auditifs concernent principalement des femmes (respectivement 65 et 63%). Cependant, les profils des chômeurs et des inactifs déficients auditifs varient selon l’âge. Chez les déficients auditifs chômeurs, plus de 38% ont moins de 20 ans et 52% ont entre 40 et 59 ans. En revanche, parmi les déficients auditifs inactifs, 42% sont âgés entre 40 et 59 ans et 50% sont âgés de plus de 60 ans.
Ces résultats illustrent les différents mécanismes de transferts d’un statut à l’autre. Les jeunes sortis du système scolaire, très jeunes comme cela a été évoqué plus haut, et avec un bas niveau de qualification arrivent sur le marché du travail et sont confrontés à de grandes difficultés pour accéder à un emploi. Vingt ans plus tard, les déficients auditifs viennent gonfler les effectifs des inactifs. Ce renoncement au travail peut s’expliquer en partie par une démotivation à trouver un emploi ou à se maintenir dans l’emploi. D’ailleurs une autre étude locale montrait que les sorties de l’ANPE pour motif d’abandon était plus fréquemment retrouvées chez les personnes porteuses de handicaps que dans l’ensemble de la population. D’autres motifs peuvent également expliquer cette forte proportion d’inactivité chez les déficients auditifs : le manque de qualification ou inadaptation du travail.
- Peu de déficients auditifs ont un taux d’invalidité ou d’incapacité reconnu.
Vous pouvez télécharger l’étude complète ici
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Etude sur les Déficients Auditifs de La Réunion - 2008
Site de l’Observatoire Régional de la Santé de La Réunion
[1] HANDICAPS - INCAPACITES - DEPENDANCES A LA REUNION
[2] ORSRUN : Observatoire Régional de la Santé de La Réunion
[3] Usage déclaré : la personne déclare utiliser l’aide technique.
[4] La personne déclare ne pas disposer de l’aide technique ou ne pas l’utiliser mais en avoir besoin.
[10] Déficients auditifs de 6 à 25 ans. Pour les données locales, nous n’avons pas pu nous restreindre à l’analyse chez les 6-25 ans en raison de la faiblesse des effectifs.
[11] déficients auditifs âgés de plus de 20 à 59 ans ;
[12] Proportions de chômeurs parmi l’ensemble de la population. Cette notion est différente du taux de chômage (proportion des chômeurs parmi l’ensemble des chômeurs et des personnes exerçant un emploi).
[13] Proportion d’inactifs (autres qu’étudiants, retraités, retirés des affaires ou femmes au foyer) parmi l’ensemble de la population.
Education
Premiers candidats Abibac pour le bicentenaire du bac
Pour la première fois, vingt jeunes Réunionnais passeront à la fois le baccalauréat français et l’Abitur allemand. Autres symboles linguistiques : l’inscription de 65 candidats présentant une option “créole réunionnais”, et les quatre premiers candidats en option “langue des signes française”.
C’est un symbole européen. Pour le bicentenaire de la création du baccalauréat, le bac 2008 verra pour la première fois des jeunes Réunionnais passer leur Abibac. Les vingt élèves germanistes de la première promotion de cette filière préparent, depuis leur arrivée en seconde au lycée Leconte-de-Lisle, à la fois le bac français et l’Abitur allemand. Dans un mois, ils passeront donc deux épreuves supplémentaires : l’histoire-géographie en langue allemande, et une épreuve spécifique d’allemand (écrit et oral). Deux siècles après la naissance napoléonienne du bac, il est agréable de voir qu’un même diplôme réunit deux nations autrefois ennemies. Autre symbole linguistique : cette session 2008 verra plus de soixante candidats présenter l’option “créole réunionnais” au bac. L’année dernière, seuls deux candidats étaient enregistrés, dont une qui avait abandonné avant les épreuves. Cette fois-ci, 65 candidats sont inscrits en LCR (langue et culture régionales), dont 63 en “option facultative” et 2 en “option obligatoire” (1). Tout aussi symbolique : quatre candidats ont choisi l’épreuve facultative de “langue des signes française”, qui permet de communiquer avec des personnes malentendantes. Trop lentement au goût de certain, les personnes handicapées ont accès au bac : ils sont 99 candidats cette année, contre 57 en 2007. Ils peuvent solliciter un aménagement des conditions d’examen.
35 FILIÈRES DE BAC PRO
La liste des baccalauréats professionnels s’allonge en 2008. Avec la restructuration de certaines filières et la création des bacs pro “production imprimée” et “services de proximité et vie locale”, l’académie propose désormais 35 filières, pour un total de 1858 candidats. “Cela correspond à une demande des parents” a justifié hier le recteur Paul Canioni. Le nombre de candidats stagne, avec un total de 9 442 cette année, contre 9 436 en 2007. C’est la série S (scientifique) qui en affiche le plus (2121), ce qui correspond à la volonté du ministère d’augmenter le nombre d’étudiants scientifiques. C’est aussi dans la série S qu’on trouve le candidat le plus jeune de l’académie (16 ans). Le plus âgé est une femme de 49 ans, candidate libre au bac L. En présentant hier ces chiffres, M. Canioni a rapidement évoqué la polémique sur le report du calendrier du bac. “Cette année, c’est très tendu ; il y aura peu de temps pour corriger. Mais j’ai confiance : les enseignants sont très responsables” a certifié le recteur, citant le chiffre de 3 000 professeurs impliqués dans la préparation ou la correction des épreuves. Quant à l’augmentation lente et sûre des taux de réussite (81% en 2007, à comparer avec 83,4% en métropole), elle montre une incontestable amélioration du niveau général des lycéens réunionnais. Dès le soir du 2 juillet, les résultats seront publiés sur le site Internet de l’académie (www.ac-reunion.fr) et sur Clicanoo.
Véronique Hummel
(1) En option obligatoire, toute la note compte pour le calcul de la moyenne générale. En option facultative, seuls sont pris en compte les points au-dessus de 10/20.
CLICANOO.COM | Publié le 24 mai 2008
http://www.clicanoo.com
<< Fanm soud, fanm bèbè ak lot fanm ki diferans? >>
Nan okazyon gran jou 8 Mas la jou fèt tout fanm ki sou latè beni, C.A.P.P.A – Sourds – Haïti ki vle di « Centre d’Aide aux Personnes à Problèmes Auditifs » koube l byen ba pou swete tout fanm alawonnbadè bon fèt. Fanm andikape, fanm yo SOUD sitou elatriye…
C.A.P.P.A – Sourds – Haïti ap pwofite jounen sa a pou salye kouraj tout fanm vanyan ki ap lite nan zafè DWA fanm. Si jodi a yon fanm ka itil sosyete li tankou tout moun se gras ak LIT san pran souf kèk fanm vanyan. Fanm ki pèmèt yo gade pi lwen pase kote lòt te vle yo wè.
Gen anpil ki fèt - men wout la long anpil!
Jodi a Centre d’Aide aux Personnes à Problèmes Auditifs « C.A.P.P.A – Sourds – Haïti » profite okazyon sa a pou l mande tout oganizasyon FANM yo fòs ak kouraj nan LIT pou fè rekonèt LANG FANM SOUD YO itilize a, lang siy. Yon FANM (moun) paka egziste san LANG LI. Kijan yon fanm ka reyalize rèv li e resevwa bon jan ledikasyon san lang li?
Fok nou toujou sonje, yon sosyete fòs kote ant FANM ak gason se yon sosyete san NANM paske FANM SE NANM tout sosyete.
Reginald DESROSIERS
Biwo Kominikasyon / CAPPA – Sourds – Haiti
Les Sourds de La Réunion
À quand des états généraux pour la situation des sourds de La Réunion ?
En juillet 2007, les sourds de La Réunion faisaient entendre leur colère, en raison du peu de cas que l’on prêtait à leur situation. Il faut dire que le monde du silence oblige quelques adaptations dans nos infrastructures. Et si une chaîne de télévision locale accorde une place raisonnable à ses téléspectateurs malentendants, comment la société réunionnaise a-t-elle installé la rencontre, de l’entendant au malentendant ?
LA rencontre réunionnaise entre communautés, sourde et entendante, sont quasi inexistante. « Toujours, c’est l’incompréhension. Et heureusement que je lis bien sur les lèvres. Mais si je comprends, j’ai du mal à me faire comprendre. J’ai toujours du papier et un stylo pour écrire la phrase qui rendra tout clair ce que je dis. Malheureusement, les entendants ne veulent pas apprendre à signer (ndlr : parler avec les mains) », me faisait part une malentendante tamponnaise.
Etre sourd, c’est quoi ? Etre coupé de la parole ? Non, ils communiquent. Coupé du monde alors ? Bien des sourds sont connectés via Internet et la webcam, et se retrouvent dans les associations défendant la cause des sourds. Certains ne manqueront pas de dire que les sourds français, et donc réunionnais, peuvent se rapprocher d’établissements spécialisés dans la prise en charge des malentendants, enseignant la Langue des signes français (LSF), et préparant à la vie active. Il faut croire qu’il reste beaucoup à faire, pour que les sourds de notre île puissent profiter de l’égalité des chances, comme tout citoyen français. « L’éducation, l’accès à la santé, au logement, au travail, à la sécurité », ce sont de nobles revendications.
Est-ce que nous “voyons” l’appel des sourds de La Réunion ? Les chiffres n’ont sûrement pas changé depuis l’année dernière, surtout au vu de la frileuse prise en conscience de la situation déplorable dans laquelle se trouve la communauté sourde réunionnaise, touchée à 60% par le chômage. Plus de 50% d’entre eux sont sous-qualifiés, en raison du manque de prise en charge en termes de professionnalisation. Est-ce de la responsabilité de l’Education nationale ? De la DRASS alors ? Appréhende-t-on l’enseignement professionnel pour les sourds ? Comment est pensée la politique d’insertion professionnelle pour les travailleurs handicapés ? Qui en a la plus flagrante responsabilité.
La surdité est un handicap, c’est un fait. Quelles réponses l’Etat et les collectivités territoriales peuvent-ils apporter à la légitime demande de la communauté sourde de La Réunion, qui souhaite une prise en compte effective et réaliste de leur handicap ?
Lutte contre l’illettrisme, bataille pour la professionnalisation
Le défi, c’est de gagner la bataille de l’illettrisme à La Réunion. Si le taux d’illettrisme tient des proportions records d’une manière générale à La Réunion, il atteint le 90% au sein de la communauté sourde réunionnaise. Cela tient du défi d’inverser la tendance. En décembre dernier, dans nos pages, Thomas Kappler, compagnon d’une sourde, professeure de LSF à La Ressource, informait des nombreuses incohérences au sein de ce que l’on croyait pourtant une Institution en matière de LSF. Les animateurs ne seraient pas formés, et connaissent peu le LSF. C’est à peine croyable.
Comment font-ils donc pour enseigner ? Thomas Kappler parle même d’enfants traumatisés pour un enseignement inadapté. Si cela est avéré, que font les autorités compétentes ? Sans vouloir faire de basses déductions, on pourrait demander pourquoi les sourds de La Réunion sont autant victimes de l’illettrisme, et est-ce suffisant de seulement pointer du doigt une institution ?
En juillet 2007, un collectif de sourds de La Réunion affichait à La Réunion entière son mécontentement, le Conseil régional n’avait pas soutenu une formation spécialement adaptée à leur handicap. Depuis, silence... Sait-on si les sourds travaillent maintenant, s’ils ne sont pas pendus à leurs “pensions” ?
Pour l’insertion des handicapés
À quand des états généraux sur la situation des sourds à La Réunion ? Réunir tous les partenaires, avec en première place les associations de sourds et malentendants ? À quand une grande table-ronde autour de la question de l’insertion des malentendants ? Allez, disons même, à quand des états généraux sur l’insertion des handicapés à La Réunion ? Si la communauté sourde connaît de lourdes difficultés, que dire de la situation de tous ceux qui portent un handicap, et leurs familles aussi ?
Samedi dernier, une rencontre à la Préfecture de Saint-Denis devait se jouer, mais les intempéries dues à Hondo ont incité les organisateurs à annuler leur action. Espérons que le Préfet invitera au plus vite ces citoyens à exprimer leurs doléances. Peut-être que le représentant de l’Etat aura des propositions à faire. Peut-être que les collectivités territoriales, et les services de l’Etat, d’une main commune, agiront pour valoriser des hommes et des femmes désireux de contribuer au devenir de notre île, en travaillant !
Et puis, peut-être que les Réunionnais en général se montreront solidaires ? « Toute famille peut un jour vivre avec un sourd. Etre sourd, c’est un handicap, mais ce n’est pas être comme un fou qui ne comprend rien », me dit-on fermement. Je l’avais compris. Peut-être alors que notre regard sur la communauté des sourds changera un jour !
Vendredi après-midi, à l’appel du collectif des sourds de La Réunion, une trentaine de personnes souffrant de ce handicap se sont réunies devant la préfecture. Les parapluies disputaient la vedette aux banderoles où on pouvait lire : “Stop à la discrimination” ou encore : “Sourds en colère”.
30 interprètes, 7 000 sourds…
Les manifestants projetaient même de couper la RN1 au Barachois pour mettre un coup de projecteur sur leur combat, mais un entretien en préfecture les en a dissuadés. Le collectif s’est mobilisé, entre autres pour dénoncer “l’exclusion dont sont victimes les sourds”, pour deux raisons essentielles. Emmanuelle Boyer, la responsable, égrène les griefs via la traductrice bénévole qui l’accompagne : “La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées a rejeté six demandes de forfait surdité (ndlr : accès à un interprète pour les démarches administratives, les cours, l’hôpital… qui s’élève à 130,60 euros par mois). Ils ne peuvent pas refuser cette aide, c’est un droit inscrit dans la loi de 2005.Sans compter que les dossiers mettent au moins quatre mois avant d’être réglés”. Deuxième cause de leur courroux envers la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) et l’Agefih (Association de gestion des fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées) : “On bafoue notre droit au choix de notre interprète. On nous oblige à nous adresser à l’Arpeda, alors que Deafrun propose des interprètes moins chers et mieux formés. C’est inadmissible ! Une fois de plus, on décide à notre place sans nous consulter. Notre libre arbitre est totalement oublié”. Par ailleurs, il y a un manque criant de personnes formées à la langue des signes. A La Réunion, “pour les 7 000 sourds recensés, il n’y a que trente interprètes”. Selon le collectif, l’entretien en préfecture a permis “d’obtenir des garanties comme quoi l’État organiserait une table ronde pour trouver une solution à cette situation d’ici à quinze jours”. Il se dit prêt à monter d’autres actions si leurs revendications ne sont pas entendues une fois l’échéance passée.