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Ile Maurice: Marie-Ange ou le parcours d'une combattante (DOM - TOM)

Ile Maurice: Marie-Ange ou le parcours d’une combattante
 

Marie-Ange Genave tient soigneusement un morceau de tissu entre ses mains. Cette sourde-muette surveille attentivement les faits et gestes de Soojanee Sok Appadu, enseignante en langue de signes mauriciens à la Southern Handicapped Association (SHA) à Riambel .

Fondée en 1985 à Surinam, la SHA regroupe plus de 70 garçons et filles, handicapés physiques et mentaux, trisomiques, non et malvoyants, âgés de quatre à 35 ans. Tous de familles démunies de Chemin-Grenier, Bel-Ombre, Surinam, Souillac et d’autres villages avoisinants.

Soojanee, qui a fait la connaissance de Marie-Ange en 1992 au SHA, se dit impressionnée par le parcours de Marie-Ange. Cette dernière, aujourd’hui âgée de 30 ans, a dû prendre ses frères et sœurs après la mort de leur maman. Elle n’avait alors que quatre ans.

“Nous avons accueilli Marie-Ange parce que nous savons qu’elle a le potentiel.” D’où la décision de la direction de la transférer dans la classe spécialisée pour les mal entendant deux ans après l’ouverture de l’établissement scolaire. “Marie-Ange est très dévouée, studieuse et de bonne volonté”, enchaîne Ramesh Bondy, le directeur de la SHA.

Pour preuve, la direction l’a pleinement encouragée à participer dans un concours de broderie organisé par le centre social de Surinam où Marie-Ange a d’ailleurs obtenu le premier prix. En récompense, la SHA l’a promue au poste d’assistant à l’atelier de travail pour malentendants sur un contrat de deux ans. Avec un salaire assuré par la Fondation espoir et développement, qui finance une partie des projets de la SHA.

Malgré son handicap, Marie-Ange n’hésite pas à avancer dans la vie. Ainsi elle apprend actuellement le langage des signes mauriciens afin de mieux s’adapter dans son environnement socio-professionnel en vue d’une meilleure communication.

Il y a un mois, Ramesh Bondy tirait la sonnette d’alarme sur la situation financière de la SHA. “Rien n’a changé depuis. Nous allons continuer avec le peu d’argent qui nous reste mais nous mettrons la clé sous le paillasson le jour où on ne pourra plus rien faire.”

Jocelyn ROSE
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2005/05/05 13:30 - BB