Brigitte Hoarau, interprète du monde du silence
Pierre Bauchaud, expert psychiatre, Annick Laffitte, expert gynécologue, Patrice Dordhain, expert architecte, Laurent Azière, expert gastro-entérologue et en pathologie, Andinani Saïd-Ali, expert traducteur en langue mahoraise, et Brigitte Hoarau, expert traductrice en langue des signes. Tous les six ont prêté serment hier matin devant la cour d’appel. “Parce que le juge ne sait pas tout et qu’il a besoin de faire appel à des spécialistes”, a expliqué le premier président Jean-Paul Sébileau lors de la prestation de serment.
Parmi eux, Brigitte Hoarau, 47 ans, devient la première expert judiciaire interprète en langue des signes de la Réunion. Pionnière en la matière, celle-ci pratique le langage des sourds et muets depuis 2001 seulement. Toutefois, explique-t-elle, elle a toujours été attirée par ce langage mystérieux : “Quand j’étais enfant, j’avais une voisine sourde et je disais qu’un jour je comprendrais son langage.” Puis la vie confronte Brigitte Hoarau à un drame familial. Son fils est plongé dans le coma pendant huit ans. “Le monde du silence dans lequel il était m’a donné envie d’apprendre cette langue.” Elle commence à prendre des cours en 2000.
À l’origine du journal télévisé
Cadre de production à RFO Télévision, elle intervient à l’écran en février 2001 lors de la journée nationale de l’audition. La direction s’intéresse alors à ce langage qui permet de toucher une autre partie de la population. RFO lui finance la fin de sa formation et elle part une année en métropole étudier à l’université Paris VIII. Elle revient avec son certificat de formation d’interprète en poche. Le 1er décembre 2001 débute le premier journal télévisé en langue des signes destinés aux sourds et malentendants. Progressivement, Brigitte Hoarau s’investit en faveur de cette cause. Elle est appelé parfois par la justice pour se faire interprète. Progressivement, une nécessité s’impose : devenir expert judiciaire. “Il faut faire en sorte que les sourds participent à notre société et ce type de mission en fait partie. J’ai fait ma demande en novembre 2004 et cela se concrétise aujourd’hui. C’est un engagement mais il fallait passer par là. Il est utile d’avoir quelqu’un dans ce cadre-là. Je suis prête à intervenir n’importe quand, n’importe où dans l’île.”
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2005/02/13 23:10
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